56 ans après, l’application de la loi c’est pour les pauvres anonymes

BADERLe candidat Macky Sall avait promis une gestion vertueuse et l’égalité devant la loi de tous les Sénégalais au scrutin présidentiel de 2012.

Mais, plébiscité au 2ème tour, maintenant  ile ne fait pas qu’aller à l’encontre de son engagement de mettre « la patrie au-dessus de la partie ». Et le plus grave c’est son penchant à ramer ou laisser le faire contre des décisions de justice, quand le prisonnier ne s’appelle pas Karim Wade, son « complice » ou un autre opposant confondu. Car, le chanteur Thione Seck, mêlé à une affaire de contrefaçon de signes monétaires, a fini par obtenir la liberté provisoire. Elle a été refusée à son présumé complice, qui n’est pas comme Thione une star musicale. En plus, son fils Waly a hérité de son art et trône sur le toit du showbiz sénégalais. Comme Thione, le prêcheur Taïb Socé a bénéficié de la grâce présidentielle, suite à un lobbying de guides religieux et d’un ministre-conseiller, dit-on. Pourtant, il a été condamné pour escroquerie portant sur une vente d’or ! Mais voilà, l’un et l’autre avaient été donnés très malades. Leur état de santé serait incompatible avec les rigueurs carcérales.

Mais, combien de détenus très malades croupissent en prison chez nous, pour de petits vols, délits mineurs, abus de confiance et que sais-je encore ? Leur tort est de ne pas être célèbres, de ne pas avoir des avocats, de médecins traitants et l’appui d’une certaine presse. « Coumba am ndeye, Coumba amoul ndey ». Ils n’ont pas de mères, comme dit l’adage wolof. Une justice à deux vitesses, comme par le passé sous nos tropiques. L’application de la loi, c’est contre les pauvres anonymes, peut-on ainsi soutenir. Ce qui ne peut que plomber le « Plan Sénégal émergent », que chante notre président bien élu. Une situation qui ne put qu’inquiéter la diaspora sénégalaise. Celle qui vit de débrouillardise. Car, pour être du cercle des impunis et intouchables, il faut militer dans le parti au pouvoir ou être une célébrité bien soutenue.

Baïla Wane, ancien Directeur de la Lonase, Awa Ndiaye, ancienne ministre, Ousmane Ngom, ancien ministre, ne circulent-ils pas libres jusqu’au palais de la République, malgré les soupçons de détournement de deniers publics brandis par Dame justice contre eux. D’où la question de savoir ce qui a vraiment changé 56 ans  après « l’indépendance » du Sénégal.
Alioune Badara DIALLO

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