À Munich, la visite express de Manuel Valls dans un centre d’accueil de migrants

XVMf6139e94-d29a-11e5-ade1-ebd2cf2f445aLe premier ministre a vivement critiqué samedi la chancelière allemande, Angela Merkel, et réaffirmé que l’Europe ne pourrait pas accueillir plus de migrants.

Un petit tour et puis s’en va. Manuel Valls, qui participait samedi à la conférence de Munich sur la sécurité, s’est rendu dans l’après-midi dans une caserne de la capitale bavaroise reconvertie en centre d’accueil pour migrants.

Manifestement, le premier ministre n’avait pas l’intention de s’attarder sur place. Car, après son déjeuner avec son homologue russe, Dimitri Medvedev, c’est une visite au pas de course qu’il a fait là. Vingt-cinq minutes montre en main pour, a-t-il dit à la fin de sa courte étape, voir comment sont pris en charge les migrants dans ce centre qui accueille majoritairement des Afghans et des Irakiens. Manuel Valls a d’abord marché dans la grande allée de cette ancienne caserne. Mais la délégation du premier ministre, encadré par des représentants du gouvernement de Haute-Bavière désireux de voir le flot de migrants se tarir en Allemagne, n’a d’abord trouvé là qu’une allée déserte donnant à l’endroit des allures de ville fantôme.

Ce n’est qu’un peu plus loin que le premier ministre a pu enfin croiser des migrants. Par exemple, devant le gymnase où les mineurs accompagnés font du sport. Ou encore lorsqu’il est entré dans un bâtiment où logent des familles. Le premier ministre ne s’est pas attardé avec les quelques migrants rencontrés. «Where do you come from?», a-t-il lancé à deux sœurs nigérianes, probablement mineures et ayant la charge d’un enfant. Manuel Valls a entraperçu une chambre dans laquelle il n’est pas rentré ou encore une petite salle à manger où il n’a pas pénétré. Le premier ministre voulait rester en retrait. Il y est parvenu.

Manuel Valls a, au fil de ces derniers mois, singulièrement durci le ton sur le dossier des migrants. En raison notamment des attentats du 13 novembre, mis à exécution par plusieurs terroristes venus en Europe et en France avec le flot des réfugiés. À Munich, ses propos ont été sans la moindre ambiguïté. «Nous ne pouvons pas accueillir plus de réfugiés», a-t-il martelé à de nombreuses reprises à quelques jours du sommet européen des 18 et 19 février. Il y a encore quelques semaines, le premier ministre estimait que l’afflux de migrants en Europe menaçait Schengen.

Désormais, il est beaucoup plus explicite, parlant «du retour des frontières intérieures» avec «les conséquences économiques que l’on peut imaginer». «Quels pays vont accueillir les migrants?, interrogeait-il vendredi soir au cours d’un échange avec des journalistes. La Suède, le Danemark, la Finlande qui ont déjà beaucoup accueilli? Le Royaume-Uni? Je ne vous fais pas un dessin… L’Italie qui peut, à tout moment, être confronté à une nouvelle vague venue de Libye?»

Le premier ministre n’est pas favorable à ce mécanisme de répartition permanente pour lequel plaide l’Allemagne qui a déjà ouvert ses frontières à plus d’un million de réfugiés. Il balaie également cette idée de coalition de pays volontaires poussés par l’Allemagne. Il prône au contraire des centres d’enregistrement et des gardes-frontières européens et affirme que la France tiendra son engagement d’accueillir 30.000 réfugiés mais n’ira pas plus loin.

Manuel Valls a vivement critiqué la chancelière allemande vendredi soir devant les journalistes. «Il a quelques mois, les médias français demandaient ««Où est l’Angela Merkel française? Le Journal Le Monde voulait lui donner le prix Nobel de la paix. Aujourd’hui, on constate le résultat», a-t-il ironisé.

lefigaro

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