Accusé de meurtre: il tombe en amour avec une agente double chargée de le piéger

916ee889-626e-42c7-9dee-8e4f074ebc0a_JDX-NO-RATIO_WEB

Soupçonné de meurtre, un jeune Montréalais a eu le coup de foudre pour une jolie femme dans un gymnase du boulevard Saint-Laurent, sans savoir qu’elle était une agente double chargée de le piéger lors d’une opération policière «Mr. Big».

«C’est même lui qui a fait les premiers pas pour venir à ma rencontre», a témoigné cette policière du SPVM, mardi, au procès d’Abiram Subramaniam, au palais de justice de Montréal.

L’homme de 23 ans est accusé du meurtre non prémédité de l’étudiant Joshua Williams, poignardé à six reprises dans le stationnement du centre commercial Plaza Côte-des-Neiges, le 22 mars 2011. Une dispute au sujet d’une bague de 400 $ serait à l’origine du drame.

Coup de foudre

L’agente double — dont l’identité ne peut être révélée et qui témoigne derrière un paravent pour ne pas être vue du public dans la salle d’audience — avait adopté le prénom de Maria pour les fins de cette enquête, durant laquelle les policiers se faisaient passer pour une bande de criminels afin d’embaucher le suspect et lui soutirer des aveux.

Le 22 avril 2012, elle a eu la mission d’aller aborder le suspect et d’obtenir son numéro de téléphone cellulaire.

Subramaniam, qui n’avait que 19 ans à l’époque, s’entraînait régulièrement au gymnase Fit for Life, entre ses journées passées à l’école et ses soirées comme préposé à la sécurité au Moomba, une boîte de nuit à Laval.

Maria était accompagnée d’une autre policière en civil, Julie, quand le suspect les a remarquées au gymnase. Il s’est spontanément rendu à leur rencontre pour offrir de les aider à utiliser des appareils d’entraînement. Ils ont alors convenu de se rencontrer quelques jours plus tard au même endroit pour un cours de boxe.

S’exprimant en anglais avec un accent latino-américain, l’agente double a expliqué au jury qu’elle et Subramaniam se sont parlé et échangé des messages texte de façon presque quotidienne durant les six semaines suivantes.

— Allo! J’aimerais voir ton joli visage et ton beau sourire. Je me sentirais mieux si tu me donnais un calin et un baiser :-)», lui a notamment écrit le suspect, le 2 mai 2012.

— 🙂 Je pense à toi. Ça me rend fou, renchérit-il une semaine plus tard.

Du travail à lui offrir

Ce soir-là, Maria lui donne rendez-vous au Marché central et elle informe le suspect qu’un ami — un agent double prénommé Max — a «du travail à lui offrir». Il accepte.

Son boulot consistera à se rendre à Laval avec eux, à prendre un sac dans leur voiture et à l’apporter à une autre femme — également agente double — qui les attend dans un stationnement.

«Ça nous a permis de l’éloigner de sa voiture, qui était restée garée au Marché central», a mentionné Maria au jury, laissant entendre que ses collègues en ont profité pour y installer un dispositif d’écoute électronique.

Les «textos» doux se sont ensuite poursuivis.

— Je sais que je vais peut-être trop vite mais je suis tombé en amour avec toi dès l’instant que je t’ai vue. Je sais, ç’a l’air stupide…, lui a-t-il texté, le 10 mai.

Le 16 mai, Maria le rencontre au gym. Elle est alors munie d’un dispositif de type «body pack» pour enregistrer le suspect. Elle l’incite à aller prendre un café dans un Tim Horton’s pour «clarifier ses intentions» et lui dire que leur relation devra rester «strictement amicale».

Max est alors arrivé pour demander à Subramaniam s’il voulait encore travailler pour lui. «Il a répondu oui», a dit l’agente double, qui poursuivra son témoignage mercredi.

montreal.com

Share on Facebook
Facebook
0Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on LinkedIn
Linkedin
Cliquer juste pour partager ...