Attaque terroriste à Ouagadougou: derniers bilans et réactions

Les opérations de sécurité ne seraient pas encore terminées au Burkina-Faso. Toute la nuit, les forces de sécurité ont lutté contre les terroristes qui occupaient un hôtel de luxe de la capitale, le Splendid Hôtel, depuis vendredi soir. Selon la présidence burkinabè, il y a eu au moins 23 morts côté civils. Du côté des assaillants, quatre jihadistes ont été tués. Mais le bilan est encore confus.

A quelques heures de la fin de l’attaque terroriste en plein centre de Ouagadougou, le bilan des victimes est encore incertain.

L’assaut lancé aux alentours de 1h30 (heure locale et TU) a permis d’évacuer 126 personnes, dont une trentaine de blessés. Le bilan provisoire communiqué par le président burkinabè Roch Marc Kaboré fait état d’au moins 23 morts de plusieurs nationalités.

Quelques heures plus tard et interviewé par RFI, Alpha Barry, le ministre des Affaires étrangères du nouveau gouvernement du Burkina Faso a affirmé : « Le dernier bilan qui nous a été communiqué fait état de 28 morts. »

Sur son compte Twitter, Gilles Thibault, l’ambassadeur de France, indique que l’attaque a fait 27 morts, que la nationalité des décédés n’est pas encore connue et « qu’environ 150 personnes de 18 nationalités différentes » ont été « évacuées et traitées par le centre de soins primaires ».

Qui sont les assaillants ?

Du côté des assaillants, trois jihadistes ont été tués au Splendid Hôtel par les forces de sécurité burkinabè, appuyées par les forces françaises et américaines. « Il s’agit d’un Arabe et deux Africains noirs », a déclaré le ministre de la Sécurité, Simon Compaoré.

Selon un officier de gendarmerie burkinabè, un quatrième islamiste armé a été tué dans l’hôtel Yibi, où il s’était retranché après l’assaut donné par les forces de sécurité contre le Splendid Hôtel. L’officier a précisé que deux femmes faisaient parties du commando jihadiste.

Mais cette information n’est pas confirmée. « On n’a pas encore traces de ces femmes. Donc les opérations sont encore en cours, mais ce sont juste des opérations de ratissage », a déclaré le ministre des Affaires étrangères burkinabè à RFI.

L’attentat a été revendiqué par al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), au nom du groupe al-Mourabitoune à l’origine en novembre dernier de l’attaque meurtrière contre un autre hôtel fréquenté par les Occidentaux, le Radisson Blu à Bamako.

Les otages libérés sont installés dans des ambulances, à Ouagadougou, ce 16 janvier 2016. © AHMED OUOBA / AFP

Les réactions

Présent sur place ce samedi 16 janvier au matin, le président Roch Marc Christian Kaboré a appelé le peuple burkinabè au « courage » et à la « vigilance ». Le Burkina Faso « n’a jamais plié l’échine devant quoi que ce soit et ce n’est pas aujourd’hui que cela va commencer », a également assuré à la presse le président burkinabè.

Pour Guy Hervé Kam, avocat et porte-parole du Balai citoyen, un mouvement de la société civile bukinabè interrogé sur RFI, cette attaque jihadiste au cœur de Ouagadougou, est un coup dur pour la démocratie : « Nous venons de sortir des élections, aujourd’hui il y a pas mal d’interrogations qui se posent après cette attaque qui est revendiquée par Aqmi. La rapidité avec laquelle l’attaque a été revendiquée nous fait penser forcément que, oui, c’est une attaque contre la démocratie. » « Le coup dur nous atteint en plein cœur », poursuit Guy Hervé Kam.

Un soutien exprimé sur les réseaux sociaux

Des messages de soutien ont envahi la twittosphère. A commencer par les politiques. La présidence malienne a témoigné de sa solidarité « un peuple frère du Burkina Faso ». Une réaction qui fait suite à un sentiment de déjà-vu. Pour cause, l’attaque terroriste au Burkina Faso survient un peu moins de deux mois après celle de l’hôtel Radisson Blu à Bamako, le 20 novembre dernier, et tuant 20 morts dont 14 étrangers dans la capitale malienne.

D’autres politiques africains ont également faire part de leur soutien, à l’instar du président du Gabon, Ali Bongo Ondimba.

Du côté de l’hexagone, le président français François Hollande a dénoncé dans un communiqué une attaque « odieuse et lâche ».

A l’instar du Premier ministre, Manuel Valls qui a jugé qu’« ensemble nous répondrons et nous vaincrons. #JeSuisOuaga », les internautes ont rapidement utilisé les hashtags #JesuisOuagadougou ou #PrayforBurkina pour exprimer leur solidarité et faire part de leur indignation. Detournant ainsi le slogan « Je suis Charlie », employé sur les réseaux sociaux pour rendre hommage aux victimes d’autres attentats en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient.

RFI

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