AU GRAND DUCHÉ DU LUXEMBOURG : Les personnes noires davantage contrôlées?

LUXEMBOURG – Une étude de l’UE montre que les personnes d’origine africaine seraient davantage contrôlées lorsqu’elles circulent à pied au Grand-Duché. La police se défend. Largement dénoncé dans les pays voisins, le «contrôle au faciès» demeure un sujet encore peu abordé au Luxembourg.

Tabou, diront certains, quand d’autres soulignent le fait que la société luxembourgeoise ne souffre pas des mêmes maux que la France ou encore la Belgique. Un récent sondage publié par l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne offre un regard plus contrasté sur la situation du Luxembourg.

Si les personnes à la peau noire ne se disent en effet pas plus contrôlées (15%) que la population dans son ensemble (17%), le détail des données interpelle. Ainsi, les contrôles de police en question relèvent pour la majorité de la population du simple contrôle routier (77%). Pour les personnes ayant des origines africaines, la réalité est bien différente: 65% des contrôles se font lorsqu’elles se promènent… à pied, contre 9% pour l’ensemble de la population luxembourgeoise.«Des critères de contrôles objectifs»«La différence entre les contrôles en voiture et les contrôles à pied montre le caractère racial du profilage par la police, estime Sandrine Gashonga, présidente de l’association antiraciste Lëtz Rise Up. On peut penser que le Luxembourg n’est pas si différent de ses voisins en ce qui concerne la violence policière, mais que le caractère vulnérable des personnes ciblées empêche que celles-ci portent plainte».

Interrogées par L’essentiel, les autorités se veulent prudentes sur le sondage, bien que celui-ci émane de l’Union européenne. La police grand-ducale refuse ainsi de prendre position «sans avoir connaissance de la provenance exacte des données», tandis que le gouvernement s’interroge «sur la technique d’échantillonnage».

Ces précautions d’usage mises à part, la police a tout de même livré quelques détails sur ses méthodes de patrouille: «La décision du contrôle ou non d’une personne se fait en fonction de critères objectifs, non pas subjectifs.

Le comportement « potentiellement suspicieux », mais également les descriptions d’éventuels suspects sont les seuls cas où «les critères relevant de l’apparence» peuvent entrer en jeu.La diversité dans la policeAutre argument communiqué par la police, la diversité de ses membres, «provenant de nombreuses communautés différentes». Une personne qui s’estime discriminée a également la possibilité de le signaler auprès de l’Inspection générale de la police, qui mène son enquête par la suite.Pour sa part, le ministère de la Famille a rappelé que deux enquêtes nationales sur le racisme avaient été lancées. L’une coordonnée par ses soins, l’autre développée par le Statec. Ces deux études comportent un volet sur les contrôles de police et les éventuelles discriminations dites «ethno-raciales».

L’ESSENTIEL.LU consulté le 09/08/2021

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