Belgique : Cette fille est un garçon,  un des plus jeunes transgenres belges: « Je serai toujours une fille »

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À l’âge de 7 ans, Senne savait déjà qu’il voulait être une fille. C’est ainsi qu’elle se sent à l’intérieur et c’est désormais aussi l’apparence qu’elle a.

Dans sa petite chambre, tout est rose et turquoise. Sur sa robe se trouvent de grandes fleurs. Et si on demande à Sanne ce qu’elle aime, elle dira : « Les hauts talons, le maquillage, le vernis à ongles, les robes et Bob l’Éponge ». Ce n’est pas un discours de circonstance : Sanne, qui témoignera dans une émission flamande grand public, est bien une fille sous toutes les coutures.

C’est ainsi qu’elle se sent à l’intérieur et c’est désormais aussi l’apparence qu’elle a. Il y a près de trois ans, Sanne était encore un garçon quand elle a commencé à porter des robes. « Je savais déjà que Sanne n’était pas un garçon comme les autres. Il était très doux, très calme, jouait surtout avec les filles, et demandait chaque fois une poupée pour Saint-Nicolas. Eddy et moi, on se disait alors qu’il était peut-être homo », explique Nicole, sa maman, qui se rappelle, comme si c’était hier, cette fameuse journée shopping passée au printemps 2012 au C&A.

Mais ce jour-là , la question surgit. « Maman, je peux avoir une robe ? », demande celui qui s’appelle encore Senne. Ce à quoi Nicole répondit probablement ce que chaque maman aurait répondu à ce moment-là : quelque chose comme « les garçons ne portent pas de robes ». Mais c’est alors que le regard du petit garçon alla droit au cœur de sa maman. « Jamais, je n’avais vu une si grande tristesse sur son visage.Cela m’a coupé les bras et les jambes. Dans le dernier magasin où nous avons été, j’ai alors acheté une robe à Senne« , se rappelle Nicole. Une robe aux motifs de cerises que le petit garçon portera jusqu’à ce que le tissu se détache à l’usure.

Mais la journée est encore loin d’être finie pour Nicole, qui doit expliquer la situation à Eddy, le papa. La discussion a lieu le soir même, sur le sofa, avec leur enfant assis entre eux. « Tout s’est déroulé ce soir-là. C’était la pagaille dans sa tête. Comment refusait-il finalement d’être un garçon ? Nous avons longtemps parlé avec lui et nous avons ensuite décidé de voir comment les choses évolueraient. C’était peut-être simplement une phase », explique Nicole.

Senne lorsqu’il était plus petit

Mais ce n’était pas une simple phase. Le lendemain matin, l’enfant avait complètement changé. « Cette discussion a tout changé. À la place du garçon renfermé et silencieux, nous avons eu une fille joyeuse et spontanée », indique Eddy. Aujourd’hui, cela fait trois ans que cette soirée a eu lieu, et Sanne, 10 ans, est désormais une fille, tout ce qu’il y a de plus banal. Sauf quand il s’agit de faire de la gymnastique ou de la natation à l’école.

« Quand j’ai eu pour la première fois une sorte de petit ami, on m’a dit que j’étais homo. Je ne suis pas homo ! Je suis une fille », insiste Sanne.

Reste que si celle-ci se sent une fille, physiquement ce n’est pas le cas. Tous les trois mois, les parents vont donc voir un sexologue. L’objectif est que le corps de Sanne ne se développe pas, durant la puberté, comme celui d’un vrai homme, qu’elle n’ait pas de barbe par exemple.

Sanne attend déjà de toute manière avec impatience d’avoir 18 ans pour pouvoir demander l’opération chirurgicale qui fera d’elle une femme à part entière.

L. N. (avec J. Th.)

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