Bolivie: Le président Evo Morales entravé par une ancienne histoire de cœur.

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Elle avait 17 ans, il en avait 46 et venait d’accéder à la présidence de la République bolivienne.

L’idylle aux allures de « telenovela » qui fait frissonner toute l’Amérique latine, depuis quelques semaines, a coûté à Evo Morales le quatrième mandat qu’il visait (2020-2025). La modification constitutionnelle que cette prolongation exigeait avait, selon les sondeurs, le vent en poupe il y a quelques mois encore. Puis, la tendance s’était inversée et le « non » l’avait emporté, le 21 février, par 51,30 % des votes. La première défaite politique du président amérindien, qui a bouleversé le panorama politique de la Bolivie.

Car, dans l’intervalle, les Boliviens avaient appris que leur Président, ancien secrétaire général du syndicat des cultivateurs de coca, dont la popularité ne se démentait pas depuis sa première élection en 2005, était soupçonné d’avoir usé de son influence pour faire accorder à la belle Gabriela Zapata, 28 ans, aujourd’hui avocate et directrice commerciale d’une entreprise chinoise de construction, CAMC, des contrats avec l’Etat pour quelque 560 millions de dollars. Evo Morales a démenti tout favoritisme, apparemment sans convaincre.

Trafic d’influence

Une semaine après la défaite présidentielle au référendum, une juge faisait arrêter Gabriela Zapata pour blanchiment d’argent sale, enrichissement illicite au détriment de l’Etat et trafic d’influence.

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Car, début février, la presse révélait que le Président et Gabriela avaient un fils de 8 ans.

Mort ou vivant ?

Evo Morales – célibataire et père de deux autres enfants, nés de mères différentes – a admis avoir reconnu après sa naissance, en 2007, un fils de la jeune femme. Mais celle-ci, dit-il, lui avait annoncé que l’enfant était malade, puis qu’il avait succombé à son mal. Selon le chef de l’Etat, les amants se seraient alors perdus de vue.

Nouveau coup de théâtre quand une tante de Gabriela affirme que l’enfant est vivant. « Je connais cet enfant, il n’est pas mort. Il s’appelle Ernesto Fidel. »

Et Evo Morales de répliquer : « Je demande à la famille de Gabriela Zapata qu’ils me l’apportent, je l’attends. Je veux le recueillir s’ils me le permettent. J’ai le droit de le voir, de le rencontrer et de prendre soin de lui. »

La ministre de la Transparence dit avoir donné « 24 heures » à Mme Zapata (avant son arrestation) pour s’exécuter. En vain.

Le Président a donc demandé en justice le droit de voir son fils et une juge pour enfants a donné, mardi, cinq jours à la famille de Gabriela Zapata pour le produire, selon le porte-parole du gouvernement bolivien.

L’affaire, très « people », continue d’affaiblir le chef d’Etat, qui est un des chantres du « socialisme du XXIe siècle » en Amérique latine – avec le Vénézuélien Hugo Chavez, décédé en 2013, et l’Argentine Cristina Kirchner.

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