Bradage de l’économie nationale aux étrangers: Macky Sall parle « d’accusations ridicules »

Le président sénégalais Macky Sall, répond à ses détracteurs qui l’accusent de brader l’économie nationale au profit des étrangers. Dans cet entretien accordé au site Deutsche Welle visité par Wabitimrew, le chef de l’Etat sénégalais, qui participe à un sommet en Allemagne, parle « d’accusations ridicules ». 

 

DW : Bonjour Monsieur le Président ! Le Sénégal est en train de s’illustrer comme un important partenaire pour l’Allemagne. C’est une fierté pour vous sûrement ?

Macky Sall : Oui ! Vous savez, le Sénégal est un pays aujourd’hui ouvert à tout investissement étranger et nous sommes de plus en plus aussi présents en Allemagne et je m’en réjouis parce que l’Allemagne a des avantages comparatifs très importants. Une industrie, petites et moyennes entreprises très dynamiques mais aussi une qualité dans les services. Bien sûr nous avions la barrière linguistique mais elle est en train de s’effacer au profit des contacts noués dans les deux sens. J’invite les entreprises allemandes à venir au Sénégal qui est un pays ouvert et aussi, qui est en pleine croissance économique.

DWQuels sont les secteurs clefs dans votre pays, qui pourraient intéresser les investisseurs ?

Macky Sall : Vous savez, lorsqu’on engage un développement, il est intégral. C’est un développement tous azimuts mais le secteur des infrastructures reste prioritaire. Le secteur de l’agriculture et de l’agroindustrie. Le secteur de la formation professionnelle, très essentiel. Mais aussi le tourisme et les services. Les différents services : service des transports, service sur l’énergie, sur l’eau aussi et l’assainissement. Donc vous voyez, c’est une palette large de services dont nous avons besoin. Il faut simplement que le gouvernement allemand travaille à accompagner ces entreprises afin que nous, nous puissions accéder à des crédits. C’est la seule limite mais nous sommes absolument très ouverts et très contents d’être là à Berlin.

ImagiNation Afrika Aktivitäten für Kinder (Elise Fitte-Duval)

 

DW : Vous avez évoqué l’eau tout à l’heure. Il y a actuellement quelques troubles dans votre pays. On vous accuse de brader ces secteurs stratégiques à des étrangers. Que pensez-vous de ces accusations ? Quelle part faites-vous aux investisseurs locaux sénégalais ?

Macky Sall : (rires…) Vous savez, ce sont des accusations ridicules ! Parce que non seulement depuis 1996, on a fait la réforme du secteur de l’eau et nous avions déjà, je n’étais pas encore Président, mais le gouvernement d’alors avait absolument fait un appel d’offres international. C’est une société privée internationale qui avait gagné mais depuis lors, malgré la participation de Sénégalais dans le capital, ils sont dans le capital, pourquoi n’ont-ils pas pu prendre part ? C’était un appel d’offres ouvert ! On n’a pas dit que c’était pour les étrangers ! Donc aujourd’hui il est facile de se cacher derrière ce genre de revendications. Mais c’est par le travail que les gens doivent pouvoir, je pense, après vingt ans de compagnonnage, on aurait pu avoir des gens capables aujourd’hui de présenter une offre qui soit acceptée, mais dire qu’on donne tout à l’étranger c’est un argument trop facile. Cela dit, nous ne pouvons pas vivre en autarcie. Notre secteur privé est pleinement engagé ! Ceux qui veulent travailler en tout cas travaillent. Dans tous les projets du Plan Sénégal Emergent (PSE), plus de 60% à 70% de tous les marchés publics sont gagnés par des entreprises sénégalaises !

 

DW : Cela veut dire que vous ne négligez pas les investisseurs vos compatriotes sénégalais ?

Macky Sall : Mais comment puis-je négliger ceux pour qui je suis là ça n’a pas de sens ! Je suis là d’abord pour les intérêts des Sénégalais ! Mais quand je vais construire un train, est-ce qu’il y a aujourd’hui dans le secteur privé sénégalais, quelqu’un qui peut me faire des trains ? Il faut aussi qu’on soit raisonnable ! Il y a des choses qu’ils font. Par exemple la construction du rail. Nous avons des entreprises de BTP qui ont toutes les compétences. Dans le secteur du système électrique nous n’en avons pas encore ! Puisque, c’est maintenant que nous commençons. Il y a des secteurs, dans l’aviation, nous ne faisons pas d’avion ! Si je dois en chercher, il faut bien aller l’acheter ailleurs ! Mais dans le service et dans la maintenance, progressivement comme dans tous les pays du monde, notre secteur privé va progressivement monter et nous sommes prêts à l’accompagner. Nous le faisons déjà.

 

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