Ces Maliens de la diaspora qui retournent dans leur pays pour investir : le cas d’Aïssata Diakité

ENQUÊTE – Malgré la crise et le terrorisme, en dépit des trafics et des rivalités ethniques, nombre de Maliens, formés à l’étranger, notamment en France, parient sur les ressources naturelles et les capacités de leur pays. Ils viennent y investir pour soutenir son développement.

Aïssata Diakité, une entrepreneuse franco-malienne de 29 ans, expose ses produits au Salon de l’agriculture à Paris, du 24 février au 4 mars. En 2016, elle a créé une start-up de jus de fruits conçus avec des produits maliens. Aujourd’hui, Zabbaan Holding emploie 65 personnes. 

Fatoumata est avocate, Soranda architecte, Aissata ingénieur agronome, Abdoulaye ingénieur en électronique, Mamadou informaticien… Maliens issus de la diaspora, formés en France et à l’étranger, ils ont choisi de rentrer au pays pour y investir. En dépit des années de crise, malgré l’insécurité et l’impossible paix dans le Nord et le Centre gangrenés par le terrorisme, des trafics et des conflits ethniques qui ont encore fait une trentaine de victimes samedi chez les Peuls.

Soranda Dawara met à profit son expérience acquise dans les grands cabinets européens d’architecture. Revenue en 2010, la jeune femme, à la tête d’une agence de 12 personnes s’est fait un nom dans la capitale, spécialisée sur le commerce et l’hôtellerie. Elle compte à son actif l’hôtel Sheraton – ouvert tout récemment dans le quartier d’affaires ACI 2000 – qui se démarque sur l’horizon du haut de ses neuf étages. L’établissement est développé par une chaîne internationale et porté par le groupe Koira Holding de l’homme d’affaires malien Cesse Komé. «Moitié sur fonds propres, moitié sur prêt bancaire, souligne Soranda. Contrairement à ce que l’on peut penser, à Bamako, il y a beaucoup de liquidités et de nombreux projets. Mon père disait “le Mali est pauvre et les Maliens sont riches”. Le pays est en crise mais le boom immobilier est là». En revanche, insiste-t-elle, «on sent un vrai coup d’arrêt du côté des investisseurs internationaux».

Aïssata Diakité, à la tête d’une entreprise de jus de fruits frais basée à Bamako

Cette jeune entrepreneuse franco-malienne de 29 ans dirige une strat-up de jus de fruits conçus avec la production fruitière du Mali. Lancée en 2016, Zabbaan Holding emploi aujourd’hui 65 personnes. Cette année, elle expose ses produits au Salon de l’agriculture à Paris. 

La jeune entrepreneuse franco-malienne, Aïssata Diakité, à la tête d’une entreprise de jus de fruits frais basée à Bamako et classée parmi les start-up les plus innovantes, est de passage dans les studios de RFI. Elle est l’Invité Afrique soir de Nathalie Amar.

« Dans cette entreprise, je reprends juste les méthodes qui ont bercé mon enfance : travailler avec les produits locaux, transformer les produits. Du côté Bozo de ma maman, on est caractérisé au Mali par la pêche au poisson et du côté peul de mon père, on est caractérisé aussi par l’élevage et le lait. Donc c’est vraiment cette agriculture et cet agroalimentaire équitable. Et qui a un sens parce que l’humain est aussi en jeu, que je défends aujourd’hui et qu’on remarque aussi dans la gamme Zabbaan. Je travaille aussi avec beaucoup de femmes des régions agricoles du Mali. »

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