Chronique du Journaliste Bader : Macky 2019, un pari de tous les risques !

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La déclaration historique du président Macky Sall de ce 16 février ressemble à celle de son prédécesseur Me Wade, quand il se dédisait au sujet du nombre de ses mandats. Elle doit avoir donné à bien des amateurs de lutte l’impression d’avoir assisté à un combat de toutes les déceptions ; ceci, malgré l’espoir, l’entrain et la mobilisation qu’il avait suscités. Car, le président Sall a tenu en haleine son peuple, et au-delà, pendant trois ans de magistère au sujet de sa retentissante et inédite promesse de campagne électorale début 2012 : réduire son mandat de sept à cinq ans s’il est élu.

Mais voilà, la montagne a accouché d’une souris. Il lui a été comme demandé avec force persuasion : « Mais, pourquoi te risquer à un pouvoir qui pourrait ne durer que cinq ans ; or que légalement, tu peux l’exercer pendant sept ans. Il s’y ajoute que si tu es talentueux, tu pourrais briguer un autre mandat de cinq ans ? Konté et Ouattara n’ont-ils pas respectivement rempilé à la tête de la Guinée et celle de la Côte d’Ivoire ? » L’argumentaire a convaincu le quatrième président du Sénégal.

Ainsi donc Macky s’est dédit sur une question sérieuse, comme son prédécesseur. Alors, les ruptures annoncées n’engagent désormais que ceux qui les croiront. Ce qui est un danger ambiant dans une Nation. Le président a, aussi, fait un pari de tous les risques, puisque ses engagements feront désormais sourire ; même à ses partenaires occidentaux, qui ont mal pris, de sources sûres, son volte-face.

Le pays pourrait également devenir difficile à gérer à parti de février de la prochaine année, puisque d’aucuns entendent contester à partir de cette période la légitimité du pouvoir de Macky. D’ici là, les forces de l’ordre seront sur le qui-vive ; ceci dans un contexte de menaces terroristes, d’incursions des rebelles du Mfdc, de coups de boutoirs du président gambien et de banditisme.  Une atmosphère qui ne sera même pas bonne pour les affaires. Ce qui risque, hélas, d’impacter sur le fameux « Plan Sénégal émergent ». L’heure ne sera pas donc au travail, mais aux combines politiciennes et conflits. 

Que Dieu garde le Sénégal, où les braves ne voient même plus la queue du diable pour se risquer à l’attraper.
Alioune Badara DIALLO

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