Chronique : Voulez vous que je vous parle du Sénégal ?

Commencez donc par me dire le type de langage que nous allons utiliser.

En effet, dans mon pays, nous avons le choix entre le « maslah » et le langage de vérité mais il y en a un qui est toujours écrasé par l’autre. Comment vous expliquer ce qu’est notre maslah national ? Imaginez, par exemple, qu’un de vos voisins vous vole ou pire viole votre enfant. Dans tous les pays du monde, si vous saisissez la justice, elle fera son travail. Chez nous, ce sera déjà un peu compliqué de saisir la justice parce que la pression et les sollicitations (dites médiatrices) tenteront de vous en dissuader en inventant des raisons qui n’existent peut-être que dans notre société. Allez, je vais faire simple et trancher dans le lard en vous donnant ma définition du maslah sénégalais : la fumisterie.

Alors décidé sur le langage à utiliser ? J’ai cru entendre « allons-y pour celui de la vérité » donc en voiture Simone !

Le Sénégal est un pays pauvre de 16 millions d’âmes. Attention, ce n’est pas moi qui le dis mais la grande Institution bienveillante appelée Nations-Unis, qui nous place 164ème pays sur 195 en comptant le Vatican et le Kosovo et en prenant l’IDH comme critère. Pour rappel, l’IDH est l’indice de développement humain qui reflète le PIB par habitant, l’espérance de vie à la naissance et le niveau d’éducation des enfants de 17 ans et plus. En clair, cela veut dire que nous ne sommes pas loin d’être dernier en terme de qualité de vie, mais du moment que nous sommes classés première nation de foot africain tout baigne !

Il faut aussi savoir que nous sommes passés d’une population de 6 millions en 1980 à plus de 16 millions en 2019. Par ailleurs, ce n’est un secret pour personne et nous savons que dans 20 ans nous serons plus de 30 millions. Tous les facteurs qui contribuent à l’IDH ne font que se dégrader. Mais on a des m’beurs gonflés aux anabolisants, payés des millions de Cfa, des peoples qui occupent l’espace vital en permanence au détriment de l’éducation de nos enfants qui seront sauvés par les prières de nos grands hommes de dieu recéleurs de ribah et copains comme cochon avec les menteurs de politiciens honorables. 

Dis donc, suis-je toujours dans les eaux de la « rivière vérité» ?

Je ne me noie pas donc je continue de nager. Tout petit, j’ai toujours entendu qu’avec les Grands Sërignes dont le Bon Dieu nous a gratifiés, aucun malheur ne soufflerait sur notre pays. C’était sans compter avec les descendances capables de vous transformer de l’or en boue (je reste poli !).

Ah oui ça commence à être long et il faut passer à nos occupations respectives. Si vous permettez, je me projette vingt ans en avant et je vous dis maintenant ma préoccupation : un pays qui compte 30 millions d’individus et dans lequel on ne forme pas correctement plus de 10% de la jeunesse a-t-il une chance de survivre ? Vous pourrez toujours me répondre, que vu mon âge, je n’ai pas à m’en faire car j’aurai peut-être passé l’arme à gauche dans vingt ans. Si quand même, je ne peux pas être serein car pour mes enfants et petits-enfants, je prie le ciel pour qu’ils soient encore là, heureux et fiers de ce que le Papy leur aura légué : du sang Sénégalais.

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