Classement de l’Ong américaine FREEDOM HOUSE 2018 : La démocratie sénégalaise en recul sous Macky Sall

L’Ong américaine Freedom House a rendu public son rapport sur la liberté dans le monde 2018. Ce rapport intitulé «la démocratie en crise» constate que 2017 a été la 12ème année consécutive de déclin de la liberté mondiale. En effet, selon la dernière édition du rapport annuel sur les droits politiques et les libertés civiles, la démocratie est en crise et en recul partout dans le monde, une crise qui s’intensifie à mesure que les normes démocratiques s’érodent à un rythme accéléré. «Les principes fondamentaux de la démocratie, y compris les garanties d’élections libres et équitables, les droits des minorités, la liberté de la presse et la primauté du droit, sont assiégés dans le monde entier», a déclaré Michael J. Abramowitz, président de Freedom House.

Le Sénégal a subi une grave régression par rapport à son niveau de l’année dernière
Une situation vécue aussi par notre pays. Le Sénégal a, en effet, subi une grave régression par rapport à son niveau de l’année dernière. Ayant obtenu 78 points lors du dernier classement annuel, le Sénégal n’a pu recueillir que 75 points pour le présent classement. Soit trois points de moins. Une situation d’autant plus grave et incompréhensible que le Sénégal est le seul des pays dits de démocratie en Afrique subsaharienne à avoir subi un recul dans ce classement. En effet, le Cap Vert avec 90 points, l’Afrique du Sud (78 points), le Benin (82 points) ou encore le Ghana (83 points), à défaut d’améliorer leur classement, ont réussi à maintenir leurs nombres de points récoltés l’année passée.
Dans son dernier rapport, Freedom House avait donné le ton en déplorant les limogeages de l’ex-inspecteur des Impôts et Domaines Ousmane Sonko ou encore celui de l’ancienne présidente de l’Ofnac, Nafi Ngom Keita. Des actes qui ont peut-être précipité la baisse de la note du Sénégal.

En 2017, la Gambie a enregistré l’une des plus fortes améliorations de la liberté dans le monde

Au niveau continental, Freedom House a souligné la chute de Mugabe au pouvoir au Zimbabwe ou encore celle de Yaya Jammeh en Gambie. Sur la Gambie, l’Ong américaine souligne que la pression internationale a aidé à mettre fin à des décennies d’oppression dans le pays. C’est peut-être ce qui explique la performance de Banjul dans le présent classement. En 2017, la Gambie a enregistré l’une des plus grandes améliorations de la liberté dans le monde, marquant une augmentation de 21 points et passant de «pays pas libre» à «pays partiellement libre».
Le rapport rapporte aussi que 71 pays ont subi une baisse nette des droits politiques et des libertés civiles en 2017, avec seulement 35 gains enregistrés. Ainsi, des pays autrefois prometteurs comme la Turquie, le Venezuela, la Pologne et la Tunisie ont été parmi ceux qui ont connu des déclins de normes démocratiques.

Aux Etats-Unis le rapport dénonce une pression intense de l’Administration Trump sur les médias et le pouvoir judiciaire

Au niveau mondial, Freedom House a établi une liste de «Pays à surveiller» courant l’année 2018. À ce propos, le rapport note que ces pays sont ceux qui peuvent approcher d’importants tournants dans leur trajectoire démocratique et méritent un examen spécial au cours de l’année à venir. L’Afghanistan, l’Angola, la Géorgie, l’Iraq, la Macédoine ou encore le Mexique sont concernés. Mais aussi les Etats-Unis où, estime le rapport, les médias et le pouvoir judiciaire subissent une pression intense de la part de l’Administration Trump, dont les bavures menacent de miner leur légitimité. En Arabie Saoudite, le rapport indexe le programme controversé de réformes du prince héritier Mohammed bin Salman. Alors que l’Afrique du Sud est aussi listée dans cette catégorie. La nation arc-en-ciel sous une nouvelle direction du Congrès national africain (Anc) sera, estime Freedom House, sous pression pour nettoyer son image avant les élections générales de 2019.
Fondée en octobre 1941, Freedom House est une organisation non gouvernementale basée aux États-Unis, financée par le gouvernement et qui mène des activités de recherche et de plaidoyer en faveur de la démocratie, des libertés politiques et des droits humains. Il se décrit comme «une voix claire pour la démocratie et la liberté dans le monde», bien que les critiques aient déclaré que l’organisation était biaisée en faveur des intérêts américains.

Fatoumata Binta Barry

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