Coup d’État en Guinée: le rôle des forces spéciales dans les armées ouest-africaines interroge

Le coup d’État en Guinée remet sur le devant de la scène le débat autour du statut des forces spéciales dans les armées ouest-africaines. Depuis 2008, l’Afrique de l’Ouest a connu neuf putschs militaires : en Mauritanie, en Guinée, au Niger, au Mali ou encore au Burkina Faso. La plupart ont été perpétrés par des unités d’élite. Malgré cela, ces forces spéciales restent aujourd’hui au cœur du dispositif de lutte contre le terrorisme dans la sous-région.

Les soldats des forces spéciales sont des « des soldats qui appartiennent à des unités très bien dotées, ils disposent d’une formation de qualité et jouissent généralement d’une certaine autonomie », explique un spécialiste des questions de Défense. 

Des qualités aussi utiles dans la lutte contre le terrorisme qu’inquiétantes pour les pouvoirs en place qui ont longtemps adopté deux attitudes : dissoudre ces unités d’élite comme l’a fait le Burkina à la chute de Blaise Compaoré, ou les transformer en garde prétorienne comme l’a fait Idriss Déby au Tchad avec la Direction générale de service de sécurité des institutions de l’État.

Menace terroriste au Sahel

Aujourd’hui, la progression des groupes terroristes dans le Sahel et la menace qu’ils représentent pour toute la sous-région poussent les gouvernements à revoir leur position. D’autant que la France a aussi fait le choix de remplacer progressivement son opération Barkhane par Takuba, un groupement de forces spéciales européennes.

« Le problème c’est que les partenaires ouest-africains se concentrent sur les capacités opérationnelles de leurs unités d’élite, sans leur donner une doctrine claire »explique un ancien officier français, autrefois en poste dans la région. « Pour éviter les débordements, il faut savoir pourquoi l’on se dote de ces unités et dans quel but » conclut-il.

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