Dallas : le tireur abattu par la police est mort, 5 policiers tués

La police n’a pas trouvé d’explosif au centre de Dallas, là où ont été tués au moins cinq agents de police après une manifestation contre les violences policières. La police a fouillé deux fois la zone mais n’a rien découvert de menaçant, a affirmé sur Twitter Max Geron, du département policier de Dallas. Vendredi au petit matin, l’un des suspects, retranché dans un bâtiment de la ville, avait affirmé que des bombes avaient été posées « partout » dans le centre-ville. Il est mort au terme d’un face-à-face avec des unités d’élite. Le tireur abattu a déclaré avoir agi seul et vouloir « tuer des officiers blancs ».

Déroulé des faits

Des tireurs ont semé la panique jeudi soir à Dallas pendant une manifestation antiraciste, tuant cinq policiers et en blessant six dans une action apparemment coordonnée. « Il y avait des Noirs, des Blancs, des latinos, tout le monde. Et il y a eu (les coups de feu) sortis de nulle part », a relaté un témoin. « C’était le chaos total, c’est complètement fou ».

S’exprimant à Varsovie, le président Barack Obama a dénoncé « des attaques haineuses, calculées et méprisables », pour lesquelles il n’existe « pas de justification ».

L’un des suspects, qui s’était retranché dans un bâtiment de cette ville du sud des Etats-Unis, est mort au terme d’un face-à-face avec des unités d’élite. Il avait auparavant affirmé que des bombes avaient été posées « partout » dans le centre-ville.
Chaos total

Les tireurs ont ouvert le feu subitement, vers la fin de la manifestation. Ils visaient très clairement les policiers et ont également blessé un civil, selon les autorités. Les médias américains ont diffusé une vidéo montrant un homme présenté comme l’un des tireurs, habillé d’un pantalon clair et tenant un fusil d’assaut. On le voit épauler et faire feu sur des cibles non identifiées.

« C’est lui, là, à côté de la colonne blanche, regardez, il tire vers la gauche, tire vers la droite, tire de l’autre côté, on voit qu’il vise quelqu’un », commente un témoin, Ismael DeJesus, qui filmait à partir d’un hôtel proche. « Ensuite il s’est retourné, pour vérifier que personne n’arrivait derrière lui, mais il y avait un policier qui arrivait et qui a essayé de l’avoir, mais ça s’est mal terminé. C’était une exécution, franchement. Alors qu’il était déjà à terre, l’homme a encore tiré sur lui trois ou quatre fois », dit-il.

Sur une autre vidéo, on entend des rafales de tirs, un autre témoin commentant par ses mots: « Oh mon Dieu, c’est quelqu’un armé jusqu’aux dents. Et il n’est pas tout seul ».

La manifestation dénonçait les violences de la police envers les Noirs, après la mort cette semaine de deux hommes noirs sous les balles des forces de l’ordre. Vers la fin de la manifestation, deux hommes « ont commencé à tirer sur les policiers à partir d’une position élevée », a déclaré le chef de la police de Dallas, David Brown.

Deux suspects ont été arrêtés après avoir été repérés avec des sacs en tissu de camouflage dans leur voiture, ainsi, un peu plus tard, qu’une femme. Le port d’armes de façon visible est légal au Texas pour une personne munie d’un permis.

Des équipes du SWAT, la force d’intervention d’élite de la police, ont été déployées en nombre après que les coups de feu ont éclaté vers 21h00 (heure locale), selon des chaînes de télévision, et les autorités ont interdit le survol de la ville, sauf par des vols de secours.

Des policiers se sont alignés, en position de salut solennel ou la main sur le coeur, à l’extérieur d’un hôpital où ont été transférés les dépouilles de leurs collègues, selon des images diffusées par la presse locale.

Le rassemblement à Dallas faisait partie de plusieurs manifestations organisée à travers les Etats-Unis pour protester contre la mort de deux hommes noirs abattus par la police cette semaine, l’un en Louisiane (sud), l’autre dans le Minnesota (nord). Leur mort a de nouveau plongé les Etats-Unis face au spectre du racisme policier.

Obama invite la police à lancer des réformes

Le président Obama a dénoncé jeudi un « grave problème » rongeant l’Amérique, soulignant que son pays avait vécu « trop de fois des tragédies » et appelant la police à entreprendre des réformes.

Plusieurs manifestations et veillées ont été organisées à travers le pays, comme à Dallas, après la mort de Philando Castile dans le Minnesota et d’Alton Sterling en Louisiane. Avec des pancartes et des T-shirts appelant à « Arrêter d’exécuter les Noirs » et « Mains en l’air, ne tirez pas », des centaines de manifestants, de tous âges et origines, se sont rassemblés jeudi soir devant la résidence du gouverneur à Saint Paul, capitale du Minnesota.

A Manhattan, plusieurs milliers de personnes se sont dirigées vers Times Square en scandant notamment « Assez » et « Black Lives Matter », (« Les vies des Noirs comptent »), du nom du mouvement qui dénonce les violences policières contre les Afro-américains.

 

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