Dans les cantines scolaires du Sénégal : un enfant correctement nourri a plus de chances de réussir

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« Un enfant sur deux arrive à l’école sans prendre de petit déjeuner. Un sur trois souffre de carences alimentaires. » Le constat dressé par Sabakhow Thiam, inspecteur de l’éducation dans la région de Dakar, est implacable. Même si la situation nutritionnelle dans la région est meilleure que dans d’autres zones d’Afrique de l’Ouest, la malnutrition reste une réalité. Le phénomène est surtout présent dans les nouvelles banlieues, où se sont récemment installés des milliers de ruraux à la recherche d’une vie meilleure.
Pour régler le problème, au moins chez les plus jeunes, des écoles ouvrent des cantines. Pour le moment, moins de 2% des centres scolaires sont équipés. Mais les autorités académiques misent sur des progrès rapides. L’école Malick Diop, à Thiaroye, dans la banlieue de la capitale sénégalaise, s’est dotée d’une cantine élémentaire, en attendant la fin des travaux d’une installation appelée à durer. Les résultats satisfont déjà la directrice, Madame Ba. « On l’oublie souvent tellement c’est évident : un enfant correctement nourri a plus de chances de réussir. La cantine a aussi l’avantage d’éviter que les enfants ne se fatiguent le midi en rentrant chez eux. Ils restent dans l’enceinte scolaire, c’est plus sûr.« 

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CANTINE DURABLE
Les aliments sont achetés auprès de coopératives d’agriculteurs locaux. « Il faut valoriser le potentiel agricole local, les circuits courts« , a plaidé Vincent Martin, représentant de la FAO, l’organisation des Nation unies pour l’alimentation, lors du lancement du projet. De nombreux cultivateurs sont installés dans la région, et capables de répondre à la demande. Les cantines peuvent également compter sur un partenariat établit avec une coopérative de pécheurs. « Avec le poisson, les enfants disposent d’une importante source de protéines », souligne Amadou Samba, responsable du groupement de pêcheur. « Et pour nous, c’est une garantie de pouvoir écouler nos produits. » Mettre une alimentation locale à la disposition des populations s’inscrit dans la démarche des Objectifs de développement durable fixés par l’Onu pour 2030. Ceux-ci ont succédé aux Objectifs du millénaire pour le développement, qui avaient pour but d’en finir avec l’extrême pauvreté.
Reste que ces achats ont un coût. L’économie sénégalaise, peu compétitive, peine à produire des aliments bon-marchés et de qualité. « Les parents contribuent de façon symbolique aux frais de la cantine. Mais cela ne suffit pas à couvrir l’ensemble des frais« , reprend Sabakhow Thiam. Pour le moment, ce sont les soutiens d’ONG et de l’Union européenne qui rendent possible cet approvisionnement en circuit-court.

Solange Diallo avec Metro belge

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