Déclaration de Fatou Bensouda, Procureur de la Cour pénale internationale, lors d’une conférence de presse à Khartoum (Soudan)

Déclaration de Fatou Bensouda, Procureur de la Cour pénale internationale, lors d’une conférence de presse à Khartoum (Soudan) : «Il est urgent que justice soit faite au Soudan ; pour obtenir une paix et une réconciliation durables, il est indispensable de s’appuyer sur le socle stable de la justice»

Les victimes du Darfour n’ont que trop attendu que justice leur soit rendue. Par cette visite historique, nous espérons marquer une nouvelle ère de coopération entre mon Bureau et le Soudan pour que les responsabilités pour les atrocités commises soient établies. La CPI a mis en place une cour internationale indépendante et impartiale chargée de juger les atrocités, à savoir les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, le génocide et le crime d’agression.

Mon rôle de Procureur est de traduire en justice les responsables de ces atrocités et, ce faisant, leur demander des comptes et empêcher que d’autres crimes ne soient commis.

La CPI est au cœur de ce que nous appelons le système de justice pénale internationale prévu par le Statut de Rome. Elle constitue une juridiction de dernier ressort. Cela signifie qu’il incombe en premier lieu aux systèmes judiciaires nationaux d’enquêter sur de tels crimes et d’en poursuivre les auteurs. À défaut, c’est à la CPI d’intervenir en tant que mécanisme judiciaire de sécurité.

Ainsi, mon Bureau mène des enquêtes et des poursuites sur des crimes atroces commis de par le monde. La politique n’a pas d’influence sur mes décisions prises en toute indépendance et impartialité. Toutes mes actions se fondent sur le droit – le Statut de Rome de la CPI – et sur les preuves objectives recueillies par mes enquêteurs. J’irai partout où le droit me permettra d’aller et suivrai les preuves partout où elles me mèneront dans la quête de justice pour les victimes. L’objectif de la CPI est donc de contribuer à mettre fin à l’impunité ou, en d’autres termes, à veiller à ce que personne, quel que soit son statut ou son rang social, ne puisse échapper à son obligation de rendre des comptes pour les atrocités commises, quel que soit le temps qu’il faudra pour y parvenir.

C’est de cette manière que la justice peut contribuer à protéger les futures générations du fléau des guerres et des conflits menés sans foi ni loi, et à prévenir la souffrance humaine.

Mon Bureau enquête sur la situation au Darfour, au Soudan, depuis 2005, lorsque le Conseil de sécurité des Nations Unies, par la résolution1593 (2005), a déclenché l’exercice de notre compétence en déférant cette situation au Procureur de la CPI.

Depuis, il s’est passé beaucoup de choses. Aujourd’hui, alors que nous poursuivons nos enquêtes, il est important que les autorités soudanaises apportent concrètement et sans fléchir leur entière coopération à mon Bureau, non seulement pour le travail que nous effectuons à la CPI mais aussi et surtout pour les communautés touchées au Darfour.

Aminata BARRY, wabitimrew.net ( Bitimrew Press Group)

Le Bureau du Procureur de la CPI mène des examens préliminaires, des enquêtes et des poursuites à propos du crime de génocide, des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre et du crime d’agression, en toute impartialité et en toute indépendance. Depuis 2003, le Bureau enquête sur plusieurs situations relevant de la compétence de la CPI, notamment en Afghanistan (qui fait actuellement l’objet d’une demande de sursis visée à l’article 18 du Statut de Rome), au Burundi, en Côte d’Ivoire, au Darfour (Soudan), en Géorgie, au Kenya, en Libye, au Mali, en Ouganda, en République centrafricaine (deux situations distinctes), en République démocratique du Congo et en République populaire du Bangladesh/République de l’Union du Myanmar. Le Bureau conduit également des examens préliminaires à propos des situations en Bolivie, en Colombie, en Guinée, en Iraq/Royaume-Uni, au Nigéria, aux Philippines, en Ukraine et au Venezuela (I et II), tandis que la situation en Palestine doit faire l’objet d’une décision judiciaire.
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