Des soldats mutins sèment le trouble en Côte d’Ivoire

 

VIDÉO – Des militaires ivoiriens manifestent depuis vendredi dans plusieurs villes du pays pour exiger le paiement de primes. À Bouaké, le mouvement a causé la mort d’au moins un homme.

Le mouvement de mutinerie qui secoue la Côte d’Ivoire ne se calme pas. Lundi matin, Abidjan s’est réveillé au son d’armes autour du camp d’Akouédo, une grande caserne située au nord de la capitale économique. Des soldats mutins tiraient en l’air pour exiger le paiement de primes qui, selon eux, leur sont dues. Cette irruption de violence a semé le trouble dans Abidjan, où l’une des principales artères était coupée et plusieurs écoles fermées. Le mouvement de protestation s’étend aussi à la province, notamment à Korhogo, mais surtout à Bouaké. La deuxième ville du pays, aux mains des mutins depuis vendredi, a été le théâtre d’affrontements sanglants. Selon des témoins, les troupes soulevées s’en sont prises samedi et dimanche à d’anciens camarades d’armes démobilisés, ainsi qu’à des civils. Le bilan monte à au moins un mort et une vingtaine de blessés.Cette mutinerie suit un premier mouvement en janvier initié par les ex-rebelles qui ont aidé, lors de la crise politique de 2010, le président Alassane Ouattara à conquérir le pouvoir. Intégrés dans l’armée depuis lors, ils ne s’estiment pas assez récompensés et exigent un «dédommagement». Un de leur porte-parole affirme que 12 millions de francs CFA (18 000 euros) avaient été promis à 8400 hommes, une somme gigantesque au niveau local que le gouvernement n’a jamais confirmée. Cinq millions semblent cependant avoir été payés.

Pas de revendications politiques

Mais jeudi, lors d’une cérémonie télévisée et soigneusement scénarisée, une délégation de mutins conduite par un sous-officier renonçait devant le président Alassane Ouattara à tout paiement supplémentaire tout en présentant des «excuses» aux autorités. La rencontre, censée mettre une fin définitive au conflit, a eu l’effet inverse, réveillant dès vendredi la colère d’une partie de la troupe et relançant le mouvement. «On ne connaît ce sous-officier. Il nous a trahis. On veut les primes», martelait ainsi un soldat en colère interrogé par l’AFP.«Ce n’est pas grand-chose et les mutins ne sont pas nombreux. Quelques centaines tout au plus. Ils ne portent pas de revendications politiques mais juste sectorielles», explique un observateur qui se dit peu inquiet. Entre négociation ou usage de la force, le pouvoir semblait hésiter lundi matin sur la conduite à tenir face à cette curieuse rébellion. Des pourparlers engagés dimanche par d’anciens «com-zone», les chefs rebelles, à Bouaké ont pour l’instant échoué. Des troupes loyalistes, notamment la Garde républicaine, ont été déployées aux environs de la ville.

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