Double plainte au Consulat du Sénégal en France : un scandale pollue l’atmosphère

Les relations entre les coalitions Benno Bokk Yakaar et Mankoo Taxawu Senegaal sont des plus délétères. Et ce n’est pas cette affaire d’agression dont Xibaaru a eu vent qui va améliorer les choses. En effet, une vive altercation a opposé une volontaire du nom de Adja Marième Fall, partisane de Mankoo et soutien de Khalifa Sall, à Ousmane Bob, militant de l’Alliance pour la République et plénipotentiaire de Benno Bokk Yakaar.

C’est Mme Fall qui raconte :

Adja Marième Fall

« Je me suis portée volontaire pour la distribution des cartes d’identité afin de permettre à tous les Sénégalais, sans distinction, de récupérer leurs cartes et de pouvoir voter. Au vu du retard accusé dans la distribution des cartes et de tous les problèmes y afférant, la DECENA à décidé de prolonger les heures d’ouverture en allant au-delà de 17 heures le weekend. L’information a donc été largement diffusée.

Le dimanche nous avons eu beaucoup de soucis avec les erreurs de dates de naissance, les tailles (on met 54 m alors que c’est 1m 54, etc.). Ils ont donc décidé d’arrêter à 18h30, malgré mes réticences, parce qu’il n’y avait plus personne qui faisait la queue. Je suis alors sortie prendre l’air et j’ai trouvé Ousmane Bob dehors, il me dit : « Tu es qui et de quel parti es tu ? » Je lui réponds : « Je suis volontaire pour donner un coup de main pour la distribution des cartes comme beaucoup d’autres bénévoles. Il a répliqué en bombant le torse : « Moi, je suis le plénipotentiaire de l’APR et je veux que tu me dises de quel parti tu es » en insistant.

C’est sur ces entrefaites qu’un couple nommé Baldé s’est présenté. Des gens bien élevés. Ils étaient venus récupérer leurs cartes. M. Bob leur a dit sur un ton péremptoire : « On a arrêté la distribution, il fallait venir à l’heure comme tout le monde sinon vous revenez demain ». Le couple de répondre poliment : « Nous sommes venus après le travail car on nous a informés que le consulat fermait à 20 heures ». Je les ai rassurés en leur demandant de patienter et je suis allée voir les membres de la DECENA pour leur expliquer la situation. En professionnels, ils m’ont demandé de les faire venir. Ce que j’ai fait. Le couple, soulagé,  m’a longuement remerciée.

Après les avoir accompagné auprès d’un des agents de la DECENA, je suis allée dans le bureau réservé à la DECENA où j’ai trouvé le sieur Bob qui m’y avait précédé. Il était assis et moi je lui tournais le dos et m’adressais aux représentants de la DECENA, particulièrement à M. Babacar Sall. Je leur ai dit : « Messieurs, il faut qu’on soit cohérent. On ne peut pas dire une chose et faire son contraire. Vous avez décidé de prolonger la distribution des cartes jusqu’à 20 heures, il faut s’y tenir, car nous sommes dans un pays où les immigrés travaillent souvent les week-ends, alors, ils viennent après le boulot avec l’assurance de récupérer leurs cartes ».

Ils étaient une dizaine d’hommes dans la salle, M. Babacar Gaye, le président de la DECENA, M. Marega du PDS, M. Babacar Cissé, M. Babacar Sall de Rewmi, M. Ndoye, le chef des gendarmes, des volontaires et des représentants d’autres partis. Dès que j’eu fini, Ousmane Bob m’a encore tancé. « Mais, toi tu es qui ? Moi, je suis le plénipotentiaire de l’APR, si tu ne me dis pas qui tu es je te fous hors du consulat ». M. Sall de Rewmi lui a demandé de se calmer en lui faisant remarquer que son raisonnement était impossible. Il a commencé à m’invectiver avec un tel aplomb et d’un ton très très violent. « Tu fermes ta gueule, sinon je te fais sortir du consulat car j’ai ce pouvoir », m’a-t-il dit. Je me suis tournée vers lui et je lui ai répondu : « Vous ne connaissez pas la loi encore moins mes droits en tant que citoyenne, sinon vous auriez su que le consulat est un territoire souverain qui appartient à tous les citoyens sénégalais y compris moi ». Il m’a rétorqué : « D’abords ne me parle pas en te mettant debout devant moi (buma tiim di wax) et tu fermes ta gueule ». Je lui ai demandé : « Vous allez me frapper sinon ? ». Il m’a aussitôt giflée d’une façon violente, brutale et inattendue et m’a poussée avec une telle force que j’ai valdingué à 2m pour tomber à la renverse ».

Les gens sont intervenus et mon fait sortir de la salle. Quelques minutes après, les interventions en sa faveur ont commencé (on me demandait de lui pardonner, qu’il regrettait, etc.). Ses supérieurs ont appelé des amis pour intercéder en sa faveur pour que je retire ma plainte. Mais, ce qui me fait mal, c’est que je ne lui adressais pas la parole et que nous étions nombreux dans la salle, mais pas une seule fois, il n’a semblé inquiet par son geste parce qu’il se croyait protégé et en territoire conquis. Il ne m’aurait jamais agressée en dehors du consulat, car, heureusement, nous sommes en France, un pays de droit où la violence verbale ou physique est réprimée et sanctionnée. Je parle sous le contrôle de M. Babacar Sall de Rewmi et de tous les gens présents dans la salle, toute l’équipe de la DECENA et les autres. D’ailleurs, M. Sall a reproché au chef des gendarmes son attitude plutôt passif. « Si c’était moi ou quelqu’un d’autre qui avait frappé Mme Fall, vous auriez réagi au quart de tour en appelant la police pour le faire arrêter. Mais là, vous ne faites rien et pourtant vous êtes le chef des gendarmes », lui a-t-il fait remarquer.

J’ai appris de sources fiables et même de certains de ses camarades de parti que c’est un récidiviste, quelqu’un de violent, un misogyne, un sexiste qui ne sait pas argumenter. Ce qu’il sait faire, c’est user de ses muscles mais particulièrement sur les femmes. Les membres de l’APR l’ont choisi comme plénipotentiaire à cause de son caractère afin d’intimider les plus faibles. Ils n’ont également pas voulu l’investir comme député pour la même raison ».

Ci-dessous la plainte déposée à la police et le certificat médical que s’est procuré Mme Fall.

Toutefois, le principal accusé a donné sa version des faits. Inutile de dire qu’il s’est lavé à grande eau. Il estime même que c’est lui qui a été agressé verbalement par Mme Fall.

affaires
Ousmane Bob

« Je suis le plénipotentiaire de Benno Bokk Yakaar en France et, dans ce sens, je supervise les retraits des cartes d’électeurs au niveau du consulat. Le samedi dernier, le gendarme du consulat à fermé les portes du consulat vers 19 heures. Un couple s’est présenté après la fermeture. Ils m’ont demandé si le consulat est ouvert, je leur ai répondu que le gendarme vient de dire que la distribution a été arrêtée. Subitement, Adja Marième Fall a commencé à m’insulter en me traitant de voleurs et de vaurien. Je lui ai dit : « Madame, je vous respecte. Arrêtez de m’insulter ». On demandé l’avis du président de la DECENA qui a accepté de leur donner leurs cartes. Je suis donc allé dans le bureau de distribution des cartes, elle continué à m’agresser en se mettant juste à 2cm de moi. Je lui dit : « Madame, vous m’agressez, vous êtes très proche de moi, pouvez vous vous éloigner ». Elle a continué à avancer, je l’ai repoussé avec ma main, elle a glissé et est tombée. Elle s’est levée et m’a accusé de l’avoir agressé et qu’elle va porter plainte », a-t-il narré accusant l’opposition d’être derrière cette cabale. « L’opposition essaie de m’affaiblir à tout prix pour des combats politiques. Aucune agression n’a été commise. J’ai informé le consulat de l’incident et j’ai demandé à l’opposition d’arrêter les menaces et la violence », a-t-il encore dit.

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