Entretien avec Mme Nata Samb Mbacké sur la participation du Faise à la 62 e session de la Commission de la condition de la femme  à New York (VIDEO)

Le Sénégal a participé à la 62 e session de la Commission de la condition de la femme (CSW62 ) tenue au siège des Nations Unies à New York du 12 au 23 mars derniers sur le thème : “Problèmes à régler et possibilités à exploiter pour parvenir à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes et des filles en milieu rural”. Mme Nata Samb Mbacké, Administrateur du Faise, qui était dans la délégation gouvernementale conduite par Mme Ndéye Sally Diop Dieng, Ministre de la Femme de la famille et du Genre, revient sur la participation du Faise à cette importante rencontre mondiale des femmes. Ce fonds,  impulsé le Chef de l’Etat Macky Sall, est devenu un modèle référence  en Afrique et dans le monde, a-t-elle soutenu.

Les raisons de la présence du Faise au sommet des femmes à New York

Je suis là en tant qu’administrateur du Fonds d’Appui à l’Investissement des Sénégalais de l’Extérieur (FAISE). Je fais partie de la délégation qui a accompagné le Ministre de la Femme Mme Ndeye Sally Diop Dieng pour participer au CSW auquel je participe depuis plus une décennie quand je vivais aux Etats Unis. Le Ministre a voulu qu’on l’accompagne dans le cadre de sa mission pour participer à ce rendez-vous du donner et du recevoir des femmes du monde, mais également en tant que délégation gouvernementale de montrer  les avancées notables qui se sont opérées dans notre pays au niveau des femmes. Nous  sommes là en tant qu’autorité, experte, conseillère mais aussi qu’actrice de développement parce que le CSW est une rencontre internationale qui permet à toutes les femmes et aux délégations gouvernementales du monde de s’illustrer.

Le Faise, qui existe depuis 2008,  a un volet dédié exclusivement aux femmes grâce au Chef de l’Etat Macky Sall qui en 2013 a augmenté ce fonds en y adossant un autre fonds spécifique pour les femmes de la diaspora. Aux Etats Unis où nous sommes, les femmes ont reçu près de 300 millions de fcfa pour une centaine de projets, que ce soit à New York ou dans les autres Etats. C’est pourquoi, nous sommes là également pour rencontrer ces femmes et montrer au Ministre les projets que nous avons financés. Nous avons fait des entretiens techniques avec elles. Ce qui a permis de dégager des axes de partenariat entre la diaspora et le Faise, le Ministère de la Femme y compris  le Ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur ainsi voir comment donner un appui supplémentaire à ces projets financés par le Faise dans la diaspora.

Lors de ce sommet, nous avons assisté  à des sessions très riches.  Nous avons partagé l’expérience du Faise avec les femmes francophones et celles des autres Etats. Nous avons eu des rencontres avec des femmes du monde islamique et des américaines qui gèrent des ongs sur notre travail. Le Ministre de la Femme, Mme Ndeye Sally Diop Dieng a fait de l’innovation cette année. Elle a organisé une journée de rencontre avec des femmes expertes pour voir quel est l’apport des femmes dans le processus de développement  mais aussi comment doit-on outiller  les filles d’aujourd’hui en technologies de l’information et de la communication (TIC) pour qu’elles puissent participer au développement de leur pays.

Le Faise, une référence continentale et mondiale

Nous avons eu une satisfaction totale par rapport à cet outil qui est le Faise que le Chef de l’Etat a mis en place. Avant de quitter le Sénégal, nous avons reçu quatre pays africains notamment le Gabon, le Benin, le Togo et le Niger qui veulent s’inspirer de l’exemple du Faise pour leurs compatriotes basés dans la diaspora, surtout pour le financement des femmes entrepreneurs dans les pays d’accueil.  Ce fonds a un impact dans la mesure où à chaque fois que  le Chef de l’Etat se déplace, il écoute les doléances et pose des actes pour qu’on puisse aider les sénégalais de la diaspora qui injectent près de 1000 milliards de fcfa par an dans l’économie du pays. Je pense que c’est tout à fait normal et justifié que l’Etat puisse les appuyer d’autant plus  que l’immigration semble perdre son lustre d’antan. Il y a une crise dans les pays d’accueil où l’immigré n’a plus les mêmes opportunités.

Le Faise a aussi un fonds qui sert aux femmes et aux homes au Sénégal.           .

Le prêt revolving, une innovation 

Avoir un prêt revolving qui aide les projets des sénégalais dans les pays d’accueil, est une grande innovation.  Quand on finance les projets dans la diaspora, on se rend compte que tout revient au Sénégal avec un effet de levier qui se multiplie. Par exemple, si le Faise accorde un financement d’un million fcfa dans la diaspora, la femme peut travailler et avoir 3 millions qu’elle renvoie après au Sénégal.  C’est du concret.

C’est pourquoi, beaucoup de pays  s’inspirent de notre exemple. C’est bien de l’expliquer.  J’ai eu à rencontrer un officiel qui me demandait c’est qu’est le Faise. Quand je lui ai expliqué et il m’a dit qu’il ressemblait à l’Agence des États-Unis pour le développement international (Usaid) à la seule différence que l’argent du Faise est destiné à des projets spécifiques. Accorder des financements aux sénégalais de la diaspora dans les pays d’accueil et d’en faire un fond revolving,  c’est-à-dire les gens peuvent emprunter et rembourser pour aider d’autres d’en  bénéficier. Aujoud’hui, je suis en train de rencontrer, au sein du consulat du Sénégal à New York, des femmes qui ont emprunté et qui ont payé intégralement les sommes comprises en 5000, 1000   $ qu’elles avaient reçues du Faise. Après avoir fini de rembourser, elles peuvent faire une autre demande de financement. C’est pourquoi, je lance un appel à toutes les femmes de la diaspora qui ont reçu un financement de s’inspirer de l’exemple des sénégalaises vivant aux Etats Unis qui remboursent leur prêt. Nous avons financés 28 pays. Au mois de février, nous avons financé le 28 e pays, l’Angleterre. Les financements varient de 50, 100 à 200 millions fcfa. Par  exemple, avec le revolving, nous sommes à 280 millions aux Etats Unis. Nous avons vu qu’il y a des remboursements et nous allons augmenter ce fonds. C’est quelque chose à pérenniser. 

Par ailleurs, il est important que les sénégalais sachent que toutes les demandes ne pourront pas être financées. Il faut qu’on fasse de ce grand outil, un levier économique pour développer le Sénégal. C’est-à-dire, ceux qui demandent ont besoin du fonds qui nécessite un appui. Ce n’est pas parce que c’est le gouvernement que tout le monde doit demander. Mais, celles qui ont reçu un financement puissent rembourser pour que d’autres puissent en bénéficier.

Au  total, 28 pays ont reçu les financements du Faise, sans compter les 200  à 250 projets financés au Sénégal depuis 2013. C’est une première grâce à la volonté politique du président Macky Sall qui a augmenté le fonds dont le budget est passé de 340 millions à 3,5 milliards  de fcfa. Cela a permis de financer un plus grand nombre de projets de sénégalais : hommes et femmes au Sénégal; et les femmes de la diaspora. Je pense que c’est un exemple à magnifier. Les sénégalais de la diaspora apprécient le Faise à sa juste valeur et savent que beaucoup de compatriotes en ont bénéficié. Ces derniers  allaient  perdre leur business mais aujourd’hui à cause des 5000, 10 000 $ du Faise, ont pu redresser leur business ou réaliser leurs projets qui rapportent aussi bien au Sénégal que dans les pays d’accueil.

Message à la diaspora

A mes compatriotes sénégalais de redoubler d’efforts, de voir que l’Etat du Sénégal fournit beaucoup d’efforts. On doit penser à ce que l’on peut faire pour notre pays et de faire en sorte que tout ce que nous faisons soit à nous. Tout ce que fait le gouvernement c’est à nous et pour nous. Donc, il faudra faire un bon usage des financements. Il est clair, bien qu’il ait eu une crise actuellement, sans les sénégalais de la diaspora, beaucoup de familles ne mangeraient pas à leur faim, beaucoup d’enfants n’iraient pas à l’école etc. Je demande aux sénégalais bénéficiaires du fonds d’en faire quelque chose qui rapporte au Sénégal, parce que c’est cela l’objectif majeur.

Mouhamadou Moustapha Thiam, New York

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