Espagne : Serigne Mbaye, de sans papiers à député à Madrid

Serigne Mbaye raconte sa traversée “très dure” en bateau vers l’Espagne et Rocío Monasterio, d’extrême droite, qui lui a adressé des propos racistes, au Parlement de Madrid, devrait le savoir.

Attaques racistes d’extrême droite

Après avoir été victime d’attaques racistes de la part de Rocío Monasterio à l’Assemblée de Madrid, vendredi dernier, le député de Podemos Serigne Mbaye a expliqué dans .elplural.com citant  El País et repris par Senego, comment il s’est senti à l’écoute de la dirigeante d’extrême droite, en plus de raconter le parcours de sa vie pour en arriver là.

Pour comprendre ce que signifie le fait qu’une personne comme Serigne soit devenue un député régional, il faut savoir ce qu’il a dû traverser dans sa vie. Voici comment il explique son voyage du Sénégal en bateau :

J’ai vu des camarades mourir en mer

“J’ai embarqué à Saint-Louis à la tombée de la nuit. J’ai vu un bateau partir, j’ai demandé et on m’a dit que j’allais en Espagne. Je n’ai rien payé. La traversée a été très difficile. Une semaine en mer où nous ne sommes pas passés par la côte. Nous étions 95 et l’un d’entre nous est tombé alors que nous étions déjà en mer. Nous ne pouvions rien faire”, a-t-il expliqué.

Il a également ajouté ce qu’il ressentait dans cette triste situation : “J’étais pêcheur et j’avais vu le danger à de nombreuses reprises. J’ai vu des camarades mourir en mer. Cet après-midi-là, je n’ai pas hésité, je n’ai pas eu peur. En haute mer, par contre, j’ai eu beaucoup de mal. On a survécu parce que dans ces voyages, on prend de la nourriture et on la partage. Mais nous manquions d’eau. Je me souviens d’un moment très critique. Nous avons dû jeter l’eau des jerrycans pour pouvoir écoper l’eau de mer qui entrait dans le bateau.

Association sans papiers

Il a ensuite raconté comment il vendait des films à Atochan et comment il a ensuite créé “une association de personnes sans papiers en 2008 pour lutter contre les descentes de police et essayer de changer le Code pénal”. Selon M. Mbayé, “cette lutte devait avoir sa propre branche et c’est pourquoi nous avons créé le syndicat des manteros. Non seulement pour dénoncer tout ce qui arrive aux vendeurs, mais aussi pour les sortir de la rue et leur donner d’autres emplois.

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