FRANCE : Un boulanger en grève de la faim pour éviter l’expulsion de son apprenti guinéen sans papier

Un boulanger bisontin a entamé dimanche 3 janvier une grève de la faim pour soutenir son apprenti guinéen menacé d’expulsion. Le jeune homme de 18 ans est en train de passer son CAP de boulanger, il devrait obtenir bientôt son diplôme, mais depuis sa majorité il peut être expulsé à tout moment.

Stéphane Ravacley, le patron de la boulangerie « La Huche à Pain » dans le quartier de Rivotte à Besançon, est en grève de la faim depuis ce dimanche 3 janvier. L’artisan veut ainsi attirer l’attention sur le sort de son apprenti, Laye, un jeune homme de 18 ans originaire de Guinée, qui travaille chez lui depuis un an et demi et qui prépare son CAP de boulanger, il doit passer son diplôme en juin prochain. https://c73a211bba559a2ce9a6a5a111769643.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-37/html/container.html

Laye n’a pas de papiers, il est arrivé il y a deux ans et demi en France comme beaucoup de jeunes africains en bravant les dangers de la route des migrants : le Mali, la Libye, la traversée de la Méditerranée sur un canot pneumatique. Hébergé dans un foyer à Gray, il a été engagé par le boulanger bisontin en septembre 2019 comme apprenti, à la grande satisfaction de Stéphane Ravacley qui avait de grandes difficultés à trouver des candidats. 

Mais le jeune homme a eu 18 ans en avril 2020, et depuis, il n’est plus protégé par la loi qui interdit l’expulsion de mineurs isolés sans papiers. En novembre dernier, les gendarmes sont venus lui signifier l’obligation de quitter le territoire français. 

Ce jeune qui a de bonnes notes, qui travaille, c’est un bon gamin, et à 18 ans tout à coup c’est un bon à rien, on lui dit au revoir Monsieur, là c’est la frontière »

Un premier recours n’a pas abouti, et le jeune apprenti risque d’être expulsé dans les prochaines semaines, ce qui révolte son patron qui ne tarit pas d’éloges : « Il se lève à 3h du matin pour venir travailler, il est là six jours sur sept, il travaille superbement, il parle français comme vous et moi et pourtant on me l’enlève« . 

Stéphane Ravacley est certain que Laye aurait eu son CAP en juin prochain, il dénonce une profonde injustice : « C’est évident qu’on ne peut pas garder tout le monde, mais là c’est incompréhensible, ce jeune qui a de bonnes notes, qui travaille, c’est un bon gamin, et à 18 ans tout à coup c’est un bon à rien, on lui dit au revoir Monsieur, là c’est la frontière« .   

Une pétition fait le plein de signatures

Le boulanger a cessé de s’alimenter et se dit prêt à aller jusqu’au bout de sa démarche, d’autant que le sort de Laye fait le buzz sur les réseaux sociauxUne pétition en sa faveur sur le site change.org est passé ce lundi 4 janvier de 18.000 signatures à plus de 85.000 signatures en quelques heures. « Je le fais pour lui« , dit-il, « mais aussi pour tous ces gamins qui arrivent, qu’on protège tant qu’ils sont mineurs et qu’on jette à 18 ans, il y en pourtant qui ne rêvent que de travailler alors que dans de nombreux secteurs comme la boulangerie on ne trouve pas de candidats« . 

Stéphane Ravacley espère que les politiques vont se mêler de l’affaire, « au moins pour dire qu’on ne jette pas des gamins méritants aux frontières, et qu’ils disparaissent sans qu’on sache ce qu’ils deviennent« .

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