Immigration clandestine: 14 morts dans l’explosion et le chavirement d’une pirogue

C’est une tragédie sans nom qui s’est déroulé à Hilole, dans les Iles Caronnes, au large de Kafountine, dans la région de Ziguinchor. Comme Kéwoulo l’avait révélé en exclusivité, “une pirogue contenant plus de 220 passagers”, selon des témoignages recueillis sur place, avait pris feu “à cause d’un mégot de cigarette jeté par inadvertance par un des passagers clandestins sur un fût d’essence embarqué“. Et de nombreux corps ont été repéchés par les secouristes.

Le feu a tué dans les iles Caronnes. C’est un incendie géant causé par un migrant clandestin indélicat qui a laissé tombé son mégot de cigarette dans une flaque d’essence transportée dans l’embarcation qui devait les conduire en Europe. Et ce début d’incendie avait causé une grosse panique et des bousculades qui ont causé la chute de nombreuses personnes dans  l’eau. “Après les chutes, tout le monde a sauté dans l’eau puisque toute la pirogue était en flammes“, ont raconté à Kéwoulo des rescapés évacués dans les structures sanitaires de la région. Alors que le feu était contenu dans la pirogue, le liquide inflammable s’est aussi déversé sur la surface de l’eau transformant la mer en un brasier géant. “C’était terrible, alors qu’on se croyait à l’abri dans l’eau, c’est cette eau que l’on croyait sûre qui s’est aussi mise qui flamber. Et les gens avec.” Ont-ils témoigné. Apercevant de loin ce spectacle infernal, un équipage, qui voulait venir au secours des naufragés, s’est renversé avec sa pirogue.

Du coup, dépourvus de moyens de transport, ce sont ces braves habitants de Kafountine et des iles environnantes qui sont venus au secours des naufragés et ont réussi à sauver beaucoup d’entre eux. Bien que pas du tout outillés pour cet exercice, de nombreux jeunes pécheurs ont pris leur courage à deux mains pour essayer de sauver le maximum de vies. D’ailleurs, l’un de ses jeunes secouristes est gravement blessé pour avoir bravé les flammes et tenté de sauver un enfant dont la mère est décédée sous ses yeux.  Il se trouve actuellement parmi les malades transportés sur Ziguinchor, brulé au 2ème degré, avec les membres inférieurs complétement dans le bandage. Si, pour le moment, la gendarmerie locale dit avoir ouvert une enquête pour comprendre ce qui s’est passé et espérer mettre la main sur les organisateurs de ce trafic d’êtres humains, de nombreuses sources villageoises consultées par Kéwoulo ont affirmé que “la présence de nombreux jeunes en préparation d’un voyage clandestin était connue dans la zone.”

A en croire certaines indiscrétions, “cela fait deux semaines que la présence de ces jeunes, venus, pour certains, de la Guinée Bissau, de la Gambie et la Guinée Conakry a été signalée à la Marine nationale. Et ils ont -les marins- fait savoir qu’ils attendaient le départ des pirogues pour interpeller tout le monde” Malheureusement, ces pirogues que la Marine voulait attirer dans une souricière, l’arraisonner, pour en faire “un trophée de communication” n’a jamais réussi à bouger de ces bolongs à cause de cet incendie.  Si les promoteurs de ce voyage ne sont pas encore identifiés, de témoignages sur place il revient qu’il pourrait s’agir d’un réseau international d’immigration clandestine; vu le profil des candidats. Parmi les rescapés que la gendarmerie a eu à auditionner, il y avait quatre dames dont une ghanéenne accompagnée de ses deux enfants de bas âge et de son mari.

Et, à en croire des élus locaux de la zone, 57 jeunes originaires de l’arrondissement de Kataba” font partie du lot de ces malheureux candidats à l’immigration. Si un seul cadavre avait été retrouvé le dimanche, jour du drame, la mer, qui a longtemps gardé enfouis en son sein les corps des naufragés, a décidé, hier mardi 28 Juin, de rendre aux vivants les restes des victimes. Pour qu’on puisse leur offrir un sépulcre digne de leur furtif passage sur terre. Et, “face à la difficulté d’identifier certaines victimes” mais aussi “à cause de l’état avancé de la décomposition de certains corps, le procureur a ordonné leur enterrement dans des fosses communes, sur place.” Et tout cela, sans que la police scientifique ne soit mise à contribution pour, un jour, permettre aux familles de retrouver leur parent et permettre à certains corps de pouvoir retourner auprès des leurs….

https://youtu.be/Q6ybX1Wlgrk

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