A seulement 25 ans, Dame Ndaw dirige Global Agency of Communication, une entreprise qui offre des bourses aux étudiants. Avec un diplôme en management international et marketing en poche, Dame croit dur comme fer à l’auto-emploi et à l’entrepreneuriat des jeunes. Après plus de 5 ans à œuvrer dans le social, le natif de Tambacounda a comme objectif de permettre à tous les étudiants n’ayant pas beaucoup de moyens de poursuivre leurs études supérieures. Dans cette interview accordée à Afrikmag, il nous raconte son histoire à cœur ouvert.

Afrikmag: Qu’est-ce qui vous a motivé à offrir des bourses aux étudiants?

Dame: En Licence 1, j’ai eu des difficultés à payer mes cours. J’ai donc arrêté pour chercher du travail et j’ai pu en trouver dans une mairie. A l’époque, ils offraient des bourses aux étudiants des 19 communes de Dakar. Moi qui venais de l’intérieur du pays, les étudiants de Tambacounda venaient me voir mais je ne pouvais pas les aider parce qu’ils n’habitaient pas à Dakar. Je me suis dit que c’était une grande injustice. C’est ainsi que j’ai pensé à mettre en place une structure me permettant d’offrir des bourses à tous les étudiants du Sénégal.

Depuis lors combien de bourses avez-vous offert?

L’année dernière, nous avons donné plus de 15.000 bourses dans les 14 régions du Sénégal. Cette année, nous en sommes à  35.271 au moment où je vous parle.

Comment faites-vous pour décrocher ces bourses?

Nous obtenons nos bourses grâce à nos partenaires institutionnels mais aussi grâce aux établissements scolaires.

Global Agency of Communication est membre du réseau LCI, premier réseau mondial de placement d’étudiants à France International Guardiary School. Ainsi, nous avons des conventions avec les écoles qui nous permettent de faire des exonérations partielles. Nous avons deux types d’exonération. La première est la demi-bourse avec laquelle l’étudiant est exonéré de 50% de sa scolarité et l’exonération totale qui prend en charge toute la scolarité durant les 10 mois. Nous avons des bourses qui durent tout un cycle c’est à dire trois années de Licence, deux années de Master et deux années BTS.

Et votre entreprise dans tout ça, comment faites-vous pour assurer vos charges?

J’ai démarré avec 14 personnes fixes. Aujourd’hui nous avons 40 personnes  permanentes et plus de 300 commerciaux dans tout le pays. Jusqu’ici, nous n’avons jamais reçu de subvention venant de l’Etat. Nous fonctionnons avec nos propres ressources, c’est à dire que certains étudiants font une contribution. Un étudiant sur 10 donne une contribution pour nous aider à nous en sortir. On peut offrir 1.000 bourses et ne rien recevoir en retour. L’année dernière j’ai même vendu du matériel pour supporter mes charges. Malgré tout, ça en vaut la peine car former des jeunes, c’est assurer l’avenir d’un pays. Nous y croyons et nous invitons les autorités à nous appuyer.

Pourtant, nous travaillons avec la quasi-totalité des mairies du Sénégal, avec des fondations, des associations, des agences et des ministères. Mais, ils ne nous ont jamais appuyé.Je ne vais pas cesser pour autant d’aider les jeunes parce qu’ils constituent notre seule et unique motivation.

Quelles sont vos perspectives pour 2020?

Notre entreprise est très connue dans le placement d’étudiants, mais nous ne faisons pas que ça. Nous avons Global Consult qui s’occupe du placement d’étudiants, Global Évent qui est spécialisé dans l’événementiel et Global Actu qui fait de l’actualité en ligne. Ainsi, nous ambitionnons d’ici à 2020 de permettre à 100.000 étudiants d’accéder à la formation professionnelle mais aussi à 3.000 étudiants d’avoir une bourse à l’international. Nous espérons également avoir une structure qui gère spécialement les jeunes qui n’ont pas un niveau d’étude avancé à travers des formations de courte durée. Cela va leur permettre d’avoir un métier.

Quel conseil donneriez-vous aux jeunes?

Je conseille aux jeunes d’être motivés à la recherche d’une formation de qualité, une formation-métier. L’Etat ne peut pas tout faire, nos parents ne peuvent plus supporter nos études. L’école sénégalaise est devenue très chère, c’est à nous jeunes de penser à l’entrepreneurial, à l’auto-emploi et à la formation professionnelle.