La signature pour un monde plus sûr et plus stable à New York avec l’UE…

La signature de l’accord de Paris, à New York ce vendredi, constituera un événement historique et marquera une étape importante sur la voie de la mise en œuvre du premier accord mondial sur le climat.

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Un nombre record de pays devraient être présents: le monde entier est déterminé à concrétiser les promesses faites à Paris. L’esprit de Paris est bien vivant et continue de progresser.

Au cours des dernières années, nombreux sont les pessimistes qui nous prédisaient qu’il serait impossible de parvenir à un accord universel. De fait, il y avait de bonnes raisons d’être sceptique. Mais notre foi dans la diplomatie et dans la coopération multilatérale a porté ses fruits. Et il faut dire haut et fort que l’Europe a joué un rôle essentiel dans l’émergence d’un consensus autour d’un accord réunissant 195 pays.

Dans la période précédant la conférence de Paris sur le climat, l’Union a mobilisé son réseau de 3 000 délégations de l’UE et d’ambassades des États membres dans le monde entier. Ce dialogue, mené avec les pays partenaires, le grand public, le monde des affaires et les organisations de la société civile, nous a aidé à bâtir une coalition mondiale pour lutter contre les changements climatiques. C’est un exemple de ce que la diplomatie européenne peut faire de mieux: unir ses forces pour le bien de l’Europe et du monde entier.

Lors de la conférence, l’Europe a placé la barre très haut. Notre diplomatie en matière de climat a créé un réseau d’alliances avec le groupe des 79 États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Nous avons noué le dialogue tant avec de grands acteurs qu’avec des pays en développement de moindre taille, en visant les objectifs les plus ambitieux possible. Cette «coalition des ambitieux», comme on l’appelle désormais, a changé la donne à Paris. 

Nous ne comptons pas nous arrêter en si bon chemin. Paris n’est qu’un début. Il est absolument essentiel de mettre à profit les alliances fructueuses que nous avons forgées avant et pendant la conférence de Paris: nous aurons besoin de l’aide de chacun pour maintenir le cap et opérer une transition mondiale vers les énergies propres. C’est la seule façon de contenir le réchauffement de la planète bien en dessous de 2 °C et de limiter l’élévation des températures à 1,5 °C.

Les températures mondiales ont atteint des niveaux records. Les répercussions des changements climatiques continuent de menacer des vies et de déstabiliser des régions entières. Une action collective à l’échelle mondiale est plus importante que jamais.

La désertification et la sécheresse provoquent des déplacements massifs de population et la propagation d’épidémies et font naître des conflits pour la maîtrise des ressources. Les changements climatiques constituent déjà une question de politique étrangère. Leurs répercussions sur notre sécurité ne sont pas des prévisions lointaines; elles se font d’ores et déjà sentir.

La lutte contre cette menace mondiale doit rester au cœur de l’action extérieure de l’Union européenne. Les 28 ministres des affaires étrangères de l’UE s’y sont tous engagés. La prise en compte des effets directs et indirects des changements climatiques sur la sécurité constituera un élément important de la nouvelle stratégie globale de l’Union en matière de politique étrangère et de sécurité, qui doit être présentée au Conseil européen en juin.

Il s’agit d’une menace complexe, mais nous disposons d’ores et déjà de nombreux outils pour faire face à la fragilité climatique et limiter les risques pour la paix. Nos partenaires du G7 ne ménagent pas non plus leurs efforts pour définir des domaines d’action concrets. Il n’en demeure pas moins que nos stratégies en matière de changements climatiques, de développement, d’aide humanitaire et de consolidation de la paix doivent être plus étroitement intégrées. Toutes nos politiques doivent rester attentives aux questions liées aux changements climatiques, comme suggéré dans le programme de développement durable des Nations unies à l’horizon 2030.

Étant donné que le temps presse et que les ressources financières sont limitées, nous ne pouvons pas nous permettre des doublons et des incohérences. Les programmes nationaux d’adaptation aux changements climatiques pourraient définir et encourager les avantages mutuels et les synergies avec d’autres domaines tels que le développement économique et social, la santé, l’environnement et la paix.

Notre priorité actuelle est la ratification et l’entrée en vigueur rapides de l’accord de Paris. Cela permettrait d’envoyer un signal important au monde entier, qui pourrait se résumer ainsi: les gouvernements européens sont résolus à lutter contre les changements climatiques et mettront en pratique ce qui a été convenu sur le papier.

De même, nous ne pouvons pas nous permettre de perdre de temps dans la mise en œuvre des plans d’action élaborés avant la conférence de Paris. Nous soutiendrons nos partenaires dans le monde entier dans leurs préparatifs de mise en œuvre et nous continuerons à nouer le dialogue avec des acteurs non étatiques tels que les entreprises, les villes et de nombreuses autres parties intéressées. Tout le monde doit contribuer à l’effort collectif mondial qui nous attend.

Il est temps de se retrousser les manches pour tenir les promesses faites à Paris. Nous devrons afficher la même ambition et la même vision commune qui ont permis de parvenir à l’accord. L’Union continuera à montrer la voie, comme elle l’a toujours fait, vers une planète plus respectueuse de l’environnement et plus sûre.

Mme Federica Mogherini, Vice-présidente de la Commission européenne – Haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et M. Miguel ARIAS CAÑETE, Commissaire européen en charge du Climat et de l’Energie.

Avec Seydou Nourou Ba

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