Le guide des Thiantacounes, Cheikh Béthio Thioune inhumé au cimetière Bakhiya à Touba

Le guide des Thiantacounes, Cheikh Béthio Thioune, a été inhumé ce vendredi, peu après 19h, au cimetière Bakhiya de Touba en présence de plusieurs dignitaires de la confrérie mouride, rapportent différntes sources médiatiques. Le corps en provenance de Bordeaux (France) a été acheminé de l’Aéroport international Blaise Diagne (ABID) de Diagne jusqu’à la ville sainte des mourides après 14h par les sapeurs-pompiers sous haute escorte policière. Cheikh Béthio Thioune, décédé mardi à Bordeaux, en France, à l’âge de 81 ans, des suites d’une longue maladie, est une personnalité marquante du mouridisme, une des principales confréries musulmanes sénégalaises dont il fut un dignitaire aussi adulé de nombreux adeptes communément appelés « thiantacounes’’ qu’il a pu être un personnage controversé principalement ces dernières années.  Il a de cette manière marqué son époque, comme guide spirituel et figure paternelle pour de nombreux adeptes qui lui avaient prêté allégeance, jusqu’à sa condamnation lundi, un jour avant sa disparition, à 10 ans de travaux forcés par la Chambre criminelle du tribunal de grande instance de Mbour pour « complicité de meurtre » et « non dénonciation de meurtre ». Un point noir dans la vie de Béthio Thioune, jugé par contumace dans cette affaire portant sur le meurtre de deux de ses disciples en 2012 pour laquelle 19 membres de son mouvement avaient également comparu. Un pied de nez au destin, pouvaient dire ses ’’talibés’’ à l’annonce du décès de leur guide, en faisant le lien entre sa condamnation et son rappel à Dieu, à un jour d’intervalle, là où certains de ses contempteurs n’y verront pet-être que le signe de la justice divine, le guide des « thiantacounes » ayant été toujours considéré comme le principal commanditaire du double meurtre de Médinatoul Salam.  Cette affaire de meurtre, dont les circonstances sont jugées révoltantes, a tenu l’opinion publique sénégalaise en haleine pendant 7 ans, au risque de jeter le trouble dans l’option au sujet du guide des « thiantacounes’’. Un quotidien sénégalais ne s’y est pas trompé, qui a titré « Un grand intellectuel doublé d’un religieux controversé qui aura marqué son époque ». De fait, ce qui a été appelé plus tard ’’le phénomène Béthio Thioune’’, est devenu une des manifestations importantes du fonctionnement de l’islam confrérique sénégalais, qui place les marabouts comme intermédiaire incontournable entre Dieu et les fidèles. Un mode de fonctionnement qui a ses partisans et ses détracteurs, mais il reste que Cheikh Béthio Thioune a admirablement réussi par ce registre, au regard de la dévotion que lui vouent ses fidèles, laquelle est à l’image de l’attachement que lui-même voue à Serigne Saliou Mbacké, défunt khalife générale des mourides qui l’a élevé au rang de ’’cheikh’’ en 1987. Le couronnement de sa relation avec le marabout, à qui il est resté attaché depuis son enfance et la date de leur première rencontre dans la région de Thiès, son terroir natal. Une rencontre qui, dit-il, a changé la vie du jeune Béthio, qui va embrasser l’enseignement à 23 ans au début des années 1960 pour soutenir sa famille, avant d’occuper plusieurs postes dans l’administration dont celui d’inspecteur de l’expansion rurale dans le Sine-Saloum, zone correspondant actuellement aux régions de Kaolack et Fatick. Il intègre ensuite l’Ecole nationale d’économie appliquée (ENEA) puis l’Ecole nationale d’administration à l’âge de 40 ans, avant de servir à Diourbel et Kaolack à sa sortie comme administrateur civil, en 1976.  Cheikh Béthio Thioune est de la même promotion que l’actuel secrétaire général du Parti socialiste (PS), formation de l’actuelle majorité au pouvoir. Il disait à qui voulait l’entendre qu’il avait réussi au concours de l’ENA grâce à Serigne Saliou.

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