Le maire de Pikine-Ouest Pape Gorgui Ndong : »L’avènement du Président Macky Sall a suscité un grand espoir »

Connu pour sa franchise et son grand courage politique, le maire de Pikine-Ouest fait parti de ses jeunes responsables de l’Alliance Pour la République a n’avoir pas leur langue dans leur poche. Dans un entretien qu’il nous a accordé, le maire passe au peigne fin l’actualité marquée d’abord par la guéguerre entre les hauts responsables de son parti et ensuite par la sortie <<virulente>> du ministre de la jeunesse Mame Mbaye Niang, contre le frère du Président de la République, M. Aliou Sall en l’occurrence. Selon Pape Gorgui,  » il y a d’autres terrains sur lesquels nous pouvons exercer notre talent. « 
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L’Apr apparaît aujourd’hui comme une tour Babel où personne ne comprend plus le langage de personne. Tout le monde attaque tout le monde, personne ne défend plus personne. A quoi cela est-il dû, selon vous?  Il me semble exagéré de comparer l’Alliance pour la République, l’un des partis les mieux organisés du Sénégal, à un tour de Babel. Si l’Apr est arrivé aux commandes suprêmes du Sénégal en un temps record, c’est parce que les gens étaient soudés. Il y avait une très bonne dynamique de groupe. Il est vrai que l’ivresse du pouvoir peut avoir de mauvais effets sur certaines personnes, mais ce n’est pas le cas pour la majorité des personnalités qui sont investies de la confiance du président de la République. Ces querelles ne sont pas l’apanage de l’Apr. C’est souvent le cas avec les partis de masse, surtout quand ils incarnent le pouvoir. Par le passé, des problèmes entre responsables d’un parti au pouvoir avaient engendré des scènes de violence tragiques. Souvenez-vous de l’assassinat regrettable du député-maire de Mbour Demba Diop en 1967. C’était, à l’époque, un problème interne à l’Union progressiste sénégalaise (Ups), avec les rivalités entre différents responsables socialistes de la région de Thiès. A la fin des années 90, un jeune militant socialiste, Djibril Thiam dit Makha, avait été assassiné à Bambey à cause de la guéguerre entre factions rivales du Ps. Des proches de Aïda Mbodj avaient été indexés en son temps. Sous Abdoulaye Wade, lors de la campagne pour la présidentielle de 2007, en plein conflit entre Thierno Lô et Modou Diagne Fada pour le contrôle du leadership à Darou Mousty, un militant libéral avait été tué. Au contraire, sous Son Excellence Macky Sall, les rivalités entre responsables du parti au pouvoir se limitent à une relative violence verbale, mais n’ont pas encore viré à l’affrontement physique comme c’est le cas sous les régimes précédents. Je ne dis pas que ce n’est pas grave, mais c’est normal. L’avènement du Président Macky Sall au pouvoir a suscité un grand espoir. Des compatriotes, qui n’étaient pas au départ convaincus par son projet politique, ont, sur le tard, senti la nécessité de l’accompagner pour installer le Sénégal sur les rampes de l’émergence. Raison pour laquelle, l’Apr se massifie à une vitesse exponentielle. Et cette massification ne peut pas manquer de charrier quelques rivalités. On vient d’horizons différents, mais cette diversité concourt à donner à notre démarche un cachet universel. Le Président Macky Sall semble être impuissant face à cette guéguerre entres responsables de son parti. N’est-ce pas votre avis?  La situation reste encore sous contrôle. Sous ce rapport, le président de la République, dont le credo est « la Patrie avant le Parti », sonnera, dans les meilleurs délais, la fin de la récréation. A quelque chose malheur est bon, tout ça montre que l’Apr est largement majoritaire dans ce pays. C’est la conclusion principale que j’en tire. Le Président Macky Sall ne peut pas être impuissant face à cette situation. Loin s’en faut ! Pour ce qui nous concerne, nous à Pikine, par le passé, il y avait eu des incompréhensions. Souvenez-vous que le Président Macky Sall a tranché au moment opportun. Depuis lors, la cohésion règne parmi nous. D’autres localités avaient eu ce genre de problèmes. A chaque fois, le Président a su œuvrer pour réconcilier les responsables concernés. C’était le cas à Ziguinchor et à Kaolack. Aujourd’hui, c’est le département de Dakar dont il est question. Je vous rassure, les contradictions entre différents leaders seront surmontées grâce au chef de l’Etat. On n’impose pas un agenda à Son Excellence Macky Sall. Il sait agir à temps.

Le Temoin: Quel commentaire faites-vous de la sortie de Mame Mbaye Niang qui s’est violemment attaqué au frère du Président de la République, M. Aliou Sall ?
Pape Gorgui NDONG : A mon sens, ce débat sur Monsieur Aliou Sall est clos dès lors que Monsieur le Premier Ministre Mouhamed Boune Abdallah Dione, qui met en œuvre la politique définie par le chef de l’Etat, a fait une conférence de presse pour édifier l’opinion sur tous les contrats signés par l’Etat du Sénégal. Il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Nous devons éviter de tomber dans le piège de l’opposition qui agite cette question faute d’arguments sérieux opposables au Plan Sénégal Emergent. Si vous lisez le dernier numéro de Jeune Afrique, il est révélé qu’au lendemain de la seconde Alternance, le Président Macky Sall avait refusé catégoriquement de nommer son frère à un poste de responsabilité. Ce dernier s’est débrouillé pour être maire d’une grande ville, avec le consentement de tous les responsables de Guédiawaye. A ce jour, il n’occupe pas de responsabilités dans la nomenclature gouvernementale ou administrative. Si aujourd’hui on l’attaque, c’est pour atteindre le président de la République. Messieurs Mame Mbaye Niang et Aliou Sall sont tous les deux de loyaux compagnons de Monsieur le président de la République. Ils doivent s’entendre pour donner le bon exemple aux militants à la base.

Le Temoin: N’est-ce pas grave de la part de Mame Mbaye Niang de s’attaquer au frère de son parti …. ?
Il n’est pas dans ma nature de porter des jugements de valeur sur les gens, à fortiori sur d’aussi grands responsables politiques et administratifs. Tout ce que je peux dire, c’est qu’il y a d’autres terrains sur lesquels nous pouvons exercer notre talent. Son Excellence le président de la République est en train de porter l’économie de ce pays à des niveaux jamais atteints à la satisfaction générale des Sénégalais qui l’ont élu. Ce bilan d’étape, reluisant, nous suffit largement comme sujet de discussion. Pas plus tard que ce jeudi, la Banque mondiale a sorti des conclusions qui indiquent que l’économie sénégalaise fait partie des meilleures en Afrique. Une semaine plutôt, c’était le Fond monétaire international (Fmi) qui décernait son satisfecit au Sénégal. Il nous appartient de focaliser notre énergie sur la nécessité de vulgariser cette œuvre grandiose, pour mettre les populations hors d’atteinte des manipulations d’une opposition qui ressemble à une armée mexicaine. 

Avec Le Temoin
 

 

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