Le ministre de la Justice, Me Malick Sall assure que le Sénégal a tout fait pour Hissein Habré

Le ministre de la Justice, Maître Malick Sall, assure que le Sénégal avait « tout fait pour mettre à l’aise » l’ancien président tchadien Hissein Habré, décédé mardi à Dakar, ainsi que sa famille.
« Le Sénégal a tout fait pour mettre à l’aise Hissène Habré et sa famille. On leur a accordé la nationalité sénégalaise », a-t-il dit sur la Télévision Future médias (TFM, privée). L’ancien président tchadien Hissein Habré est décédé ce mardi à Dakar, des suites du Covid-19. En 2017, il avait été condamné en appel à la prison à vie pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et crimes de torture.  « Lors de la première vague, il a été sorti de prison pour le protéger contre la COVID-19. Mais après cela, il fallait qu’il retourne en prison par la suite pour ensuite déclencher la procédure visant à le libérer sous condition du bracelet électronique », a rappelé Me Malick Sall. 

Selon le ministre de la Justice, les autorités sénégalaises ont pensé à libérer l’ancien président tchadien après la troisième vague, mais il fallait tout un processus pour la mise en œuvre d’une telle décision.  « Quand il est tombé malade, il a été interné dans une des cliniques privées les plus huppées de ce pays, et c’est là-bas que la maladie s’est aggravée. La procédure enclenchée devait lui permettre de regagner sa demeure avec un bracelet électronique. Il ne devait pas retourner en prison, Dieu en a décidé autrement.

Le président Macky Sall avait pris toutes les dispositions nécessaires pour le libérer avec le bracelet électronique », a-t-il ajouté. Hissène Habré, qui a dirigé le Tchad de 1982 à 1990, avait été arrêté le 30 juin 2013 à son domicile, à Dakar, après que la bataille judiciaire menée durant plusieurs années par des plaignants et leurs avocats a abouti à son inculpation. Son procès s’était ouvert le 20 juillet 2015 devant les Chambres africaines extraordinaires (CAE), un tribunal spécial africain présidé par le juge burkinabé Gberdao Gustave Kam. Il a été reconnu coupable de « crimes contre l’humanité, viols, exécutions, esclavage et enlèvemen » et condamné à la prison à perpétuité. 

Le 27 avril 2017, une Chambre d’appel a confirmé le verdict et a ordonné à Habré de payer près de 123 millions d’euros pour l’indemnisation des victimes. Habré avait bénéficié, le 7 avril 2020, d’une permission de 60 jours pour le protéger du COVID-19. Début juillet, sa famille avait demandé à la justice sénégalaise de lui accorder une permission à cause de la résurgence du COVID-19 dans le pays. Il a contracté ces derniers jours la maladie qui l’a finalement emporté.

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