Le patron de RSF s’engage pour la libération de Pape Alé Niang

Le Secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), Christophe Deloire, a promis, mercredi, à Dakar, de faire le nécessaire pour obtenir la libération du journaliste sénégalais Pape Alé Niang, qui est arrêté depuis le 6 novembre pour des faits liés à l’exercice de son métier.

‘’J’ai obtenu un permis de visite. J’irai le voir demain matin. On fera tout pour qu’il sorte [de prison] le plus vite possible’’, a soutenu Deloire.

Il a pris cet engagement lors du lancement des activités du bureau de RSF à Dakar pour l’Afrique subsaharienne.

‘’Le Sénégal est un pays extrêmement important pour nous. Il doit être un modèle régional. Il faut d’ailleurs saluer les propos qu’a tenus le président Macky Sall lorsqu’il a été élu en disant que, durant son mandat, aucun journaliste ne sera placé en détention’’, a ajouté Christophe Deloire. 

‘’Il l’a répété en 2018 quand on lançait le partenariat sur l’information et la démocratie. Un engagement fort ! (…) Malheureusement, cet engagement-là a été démenti. Qu’il (Macky Sall) fasse en sorte que ce soit une courte parenthèse et que Pape Alé Niang sorte de prison’’, a-t-il soutenu en présence des dirigeants des associations de journalistes du Sénégal.

Le directeur du site d’information Dakar Matin a été arrêté et inculpé de ‘’divulgation d’informations de nature à nuire à la défense nationale, de recel de documents administratifs et militaires et de diffusion de fausses nouvelles de nature à jeter le discrédit sur les institutions publiques’’.

Selon Ciré Clédor Ly, l’un de ses avocats, Niang a été arrêté après avoir publié une vidéo relayant le contenu d’un rapport interne de la Gendarmerie nationale sur l’affaire Ousmane Sonko, le chef de l’opposition. Ce dernier a été inculpé de viol et placé sous contrôle judiciaire depuis près de deux ans. 

Pape Alé Niang risque une peine maximale de cinq ans de prison.

Le bureau à Dakar de RSF pour l’Afrique subsaharienne va ‘’couvrir’’ les activités de ladite organisation dans 40 pays africains, selon Deloire.

‘’Après deux années de fonctionnement de son bureau régional en Afrique de l’Ouest, RSF a décidé de délocaliser ses opérations en Afrique subsaharienne à partir de Dakar’’, a expliqué le journaliste sénégalais Sadibou Marong, directeur dudit bureau.

‘’Revoir [les] pratiques professionnelles’’ 

Après avoir dirigé le bureau d’Afrique de l’Ouest, Marong, diplômé du Centre d’études des sciences et techniques de l’information de Dakar, est à la tête de la représentation couvrant 40 pays.

Cette dernière ‘’devient un hub pour la défense de la liberté de la presse, pour la gestion des projets de promotion de la liberté de la presse, un hub pour le plaidoyer et les campagnes en vue (…) d’un journalisme de qualité’’, a-t-il souligné.

Sadibou Marong estime que ‘’travailler sur l’Afrique à partir de Dakar ne peut pas être possible sans le partenariat avec des organisations locales de défense de la liberté de la presse, les partenaires techniques et [les] correspondants’’ de Reporters sans frontières.

S’exprimant lors du lancement des activités du bureau en présence de nombreux invités et employés de RSF, la journaliste sénégalaise Diatou Cissé a déploré ‘’un écosystème marqué par la désinformation et la manipulation’’.

Elle parlait des problèmes auxquels le métier de journaliste est confronté au Sénégal.

‘’Il faut l’admettre, notre métier commence à battre de l’aile. La désaffection qui frappe notre métier (…) s’affirme de plus en plus’’, s’est inquiétée l’ancienne secrétaire générale du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal. 

Elle a ensuite appelé ses confrères à ‘’revoir [les] pratiques professionnelles’’ et à ‘’retourner à ce qui fonde (…) la dignité du journalisme, le respect strict de la vérité, des faits, l’objectivité et la rigueur’’.