L’homme d’affaires Turc Tufan Feyzi Nizamoglu en détention au Sénégal fait une demande au président Macky Sall

Depuis le 29 juin dernier, l’homme d’affaires Turc Tufan Feyzi Nizamoglu est en détention à la demande de la Turquie. Pour éviter d’être extradé, il a adressé au Président Macky Sall une lettre publiée ce lundi dans les colonnes de Libération. Extraits.

«Je suis Tufan Feyzi Nizamoglu, citoyen de la République de Turquie. Depuis 2009, je séjourne en Afrique et au Sénégal où je fais des affaires. En 2014, j’ai (entamé une procédure d’obtention d’un permis de) résidence permanente, et en 2016 j’ai amené ma famille au Sénégal. Depuis, je n’ai jamais quitté le pays. J’exerce mes activités commerciales et je n’ai jamais eu de problème criminel.

«Lorsque je suis arrivé dans le pays, j’ai eu des visites dans les écoles Yavuz Selim appartenant au mouvement Hizmet, qui comptait environ 3000 élèves opérant légalement au Sénégal. (…) Ces écoles ont été fermées dans le prolongement de la (campagne) génocidaire contre le mouvement Hizmet, après 2017. Avec les poursuites intentées dans le prolongement de la (campagne) contre le mouvement Hizmet en Turquie, les personnes qui ont aidé l’école (Yavuz Selim) au Sénégal (sont appelées) à être extradées vers la Turquie.

«En 2017, en raison des demandes d’extradition, tous les enseignants et administrateurs de l’école ainsi que les commerçants qui m’ont aidé, sont allés vivre à l’étranger, aux USA, au Canada, en Europe. Ma famille et moi avons demandé à être réfugiés au Sénégal, qui est un pays fiable. Nous avons confiance en sa démocratie et son hospitalité.

«La raison de notre demande était la tortue systématique, l’emprisonnement et les crimes contre l’humanité dans le cadre du génocide contre le mouvement Hizmet, avec l’utilisation des ressources de l’Etat. Pour ces raisons, en 2019, le président de la République du Sénégal, Macky Sall, a signé une lettre indiquant que, avec ma famille, je peux vivre dans le pays et que nous y sommes acceptés comme réfugiés ; la lettre nous a été remise. Nous étions très heureux.

«(C’est ainsi que) nous avons monté une entreprise de construction et plusieurs petites usines. Trois de mes enfants poursuivent leurs études au Sénégal. Nous avons commencé à servir le peuple sénégalais dans le domaine de la construction et de l’entreposage frigorifique avec nos quelque 350 employés. (…)

«La République de Turquie a décidé de me faire expulser à travers une demande d’extradition. Elle a ignoré la signature et l’acceptation du Président Macky Sall concernant ma demande d’asile. Pour cette raison, j’ai été arrêté par trois policiers qui sont venus à mon bureau le 29 juin et depuis, je suis en garde à vue au commissariat. (…) Mon maintien en détention constitue une violation des droits internationaux des réfugiés. Si je suis expulsé vers la Turquie, ce sera également une violation de la Convention pour la prévention du génocide et du statut de Rome.

«Mes avocats ont saisi la Cour suprême et ont exigé que je sois libéré au plus vite. J’ai une foi absolue dans le respect et la loyauté du Sénégal envers le droit international, les conventions internationales, la justice et les droits de l’homme. J’ai la foi absolue que la justice rétablira mes droits dès que possible.

«Je voudrais exprimer mon respect au Président Macky Sall et à tous les Sénégalais qui nous ont adoptés, ma famille et moi.»

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