Mali : la fin de l’exil d’Amadou Toumani Touré

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Sa résidence dakaroise avec vue sur mer a beau être luxueuse et confortable, elle ne vaut pas un retour à son pays natal. Avec la perspective de pouvoir fouler à nouveau la terre rouge malienne sans être inquiété, l’ancien président malien Amadou Toumani Touré a dû recevoir le vote des députés comme le verdict de la délivrance.

Même si le vote s’est prolongé tard dans la nuit de vendredi, les 160 députés de l’Assemblée nationale malienne ont fini par trancher l’éventuelle mise en accusation du 4è président du Mali devant la haute cour de justice pour « haute trahison ». Lors du vote à bulletin secret, 104 députés ont rejeté cette mise en accusation contre cinq élus seulement se sont prononcés pour.

ATT blanchi par les députés

Les députés maliens ont suivi les conclusions de la commission parlementaire qui indiquait dans son rapport présenté à l’hémicycle le classement sans suite du dossier d’accusation d’Amadou Toumani Touré, faute de preuve.

« A cette phase des investigations, qui exige de la Commission Ad hoc d’avoir l’exactitude des preuves de la responsabilité de l’intéressé dans la commission des infractions, il a été difficile voire impossible de réunir les éléments d’appréciation sur l’Ancien Président de la République pour ce qui est des accusations portées contre lui », avait fini par conclure, la commission ad’hoc

Le vote des députés vient ainsi lever définitivement l’épée de Damoclès qui pendait au-dessus de la tête d’Amado Toumani Touré. Renversé par coup d’Etat en 2012 après avoir présidé le Mali pendant 10 ans, ATT avait été poursuivi dès 2013 pour « haute trahison » par les nouvelles autorités maliennes.

Une double carte blanche qui met fin à l’exil d’ATT

Il avait été accusé d’avoir facilité l’installation sur le sol malien de forces étrangères sans leur opposer de résistance. Sur la liste d’accusation également, la destruction ou la détérioration d’outils de défense maliens en plus de la démoralisation de l’armée. Des faits qualifiés de « haute trahison » par le code pénal malien d’une peine allant de 5 à 20 ans de prison.

Depuis son renversement en 2012, l’ancien chef d’Etat malien vivait en exil à Dakar où il est installé à la résidence Pasteur, villa cossue où l’Etat sénégalais loge ses invités VIP. Aujourd’hui, avec le vote des députés et le rapport de la commission présidée par Abdoul Kassoum Touré, c’est une double carte blanche qu’il obtient pour son retour au pays natal. ATT peut désormais valablement retourner à Bamako avec son épouse, Lobbo Touré, ses filles Fanta et Mabo, ses gendres et ses cinq petits-enfants.

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