Rabat : des étudiants guinéens blessés «on ne veut plus d’Aboubacar Dione à l’ambassade »

Rabat : des étudiants guinéens blessés “on ne veut plus d’Aboubacar Dione à l’ambassade”

La manifestation des étudiants guinéens s’est soldée finalement sur violences dans la capitale marocaine. Dans la nuit du lundi, sur ordres de l’ambassadeur Aboubacar Dione, la police marocaine s’est vue dans l’obligation de déguerpir les étudiants de l’enceinte de l’ambassade guinéenne avant de leur interdire tout accès, a appris AfriMaghreb.

Après la journée entière du lundi devant leur ambassade, les manifestants ont décidé de rester dans les locaux de l’établissement jusqu’à la prise en compte de leur plateforme revendicative. Le chargé de cette mission de déguerpissement de la police qu’on peut écouter dans un enregistrement audio reçu par notre rédaction, a commencé par prier les étudiants de disposer, « s’il vous plaît, votre ambassadeur par canal du ministère des affaires étrangères nous autorise de vous mettre dehors, demain, vous pouvez revenir mais pour cette nuit rentrez chez vous » a-t-il proposé. Pour n’avoir pas obtempéré, ils ont été automatiquement mis à la porte manu militari.

Ce matin à Rabat, les étudiants sont revenus aussi nombreux pour « accéder à l’ambassade et continuer leur lutte d’amélioration des conditions d’études ; on ne veut plus d’Aboubacar Dione à l’ambassade maintenant. Si toutefois, il est là pour les guinéens, nous voulons qu’il rentre au pays. C’est lui qui a demandé à la police de nous violenter et ils l’ont fait. Il y a des blessés, des smartphones et ordinateurs endommagés parce tout simplement, on nous refuse d’accéder à l’ambassade de la Guinée au Maroc » expliquent-ils.

Joint au téléphone, le diplomate Mamadou Djoulde Bah s’est dit surpris d’apprendre ces nouvelles avant d’ajouter que « l’ambassadeur ne peut pas demander qu’on violente les étudiants guinéens ». Pour le moment, nos tentatives pour rentrer en contact avec le principal accusé, l’ambassadeur Aboubacar Dione, sont restées vaines.

A la dernière minute, nous venons d’apprendre l’intervention de la Confédération des Etudiants et Stagiaires Africains au Maroc (CESAM) pour aboutir à un consensus… Pendant ce temps, les étudiants guinéens, eux, sont hors de l’ambassade où ils brandissent « leur droit d’accéder à une portion de terre marocaine (ambassade, NDLR) qui est la leur selon le droit international ».

Aya Ouédraogo, AfriMaghreb

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