RUSSIE : Une dizaine de candidats sénégalais à l’émigration clandestine laissés en rade par leur passeur à Moscou

Une dizaine de candidats sénégalais à l’émigration clandestine sont laissés en rade par leur passeur à Moscou, depuis plusieurs semaines, a appris l’APS de sources dignes de foi.

« Il y a un peu plus d’un an, j’ai rencontré un passeur dans la banlieue de Dakar, qui m’a promis, moyennant finances, un voyage sur le Brésil il y a un peu plus d’un an. Le voyage n’ayant pu avoir lieu, il est venu me voir récemment pour me proposer de venir en Russie. Et une fois arrivé en Russie, quelqu’un a été désigné pour m’emmener en Espagne », raconte à l’APS un migrant venu du Sénégal, sous le couvert de l’anonymat.

L’homme, qui travaillait dans le secteur informel au Sénégal, s’est vu remettre un « fan ID », une pièce d’identité délivrée aux supporters des équipes nationales prenant part à la Coupe du monde de football 2018 (14 juin-15 juillet), en Russie.

Ce sésame lui a été délivré en sa qualité – du moins tel qu’il s’est présenté – de supporter des Lions détenteur d’un billet d’avion, ce qui donne l’autorisation d’accéder en territoire russe, même sans visa, explique-t-il.

Le migrant sénégalais dit avoir versé une avance de 1,2 million de francs CFA pour le voyage en Russie.

« Le restant, environ la moitié de cette somme, devrait être versée à mon arrivée à destination », explique le candidat à l’émigration hébergé dans une cité universitaire moscovite par des étudiants sénégalais, grâce à l’entregent d’un responsable de l’Association des supporters du Stade de Mbour, Peul Wade.

A son arrivée à l’aéroport, à Moscou, il contacte la personne censée l’accueillir mais ce dernier a juré la main sur le cœur n’avoir pas été mis au courant de son voyage, témoigne M. Wade.

« On m’a parlé d’une trentaine de personnes étant dans cette situation, mais j’en ai vu huit personnes seulement. Six d’entre elles ont quitté la cité universitaire depuis le 19 juin. Les deux autres sont avec nous parce qu’ils ne savent pas où aller », poursuit le dirigeant des supporters du Stade de Mbour.

Les migrants sont tous détenteurs d’un « fan ID », dit-il, affirmant qu’ils sont originaires de la banlieue de Dakar, de Mbour, de Thiès, Ngaye Mékhé et Tivaouane (ouest).

Peul Wade se demande comment ces migrants ont pu obtenir ces pièces d’identité censés être délivrés seulement aux supporters des équipes nationales ayant acquis un billet d’avion.

Selon lui, les candidats à l’émigration devaient, de la Russie, se rendre dans d’autres pays, dont l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne et des pays de l’Europe du nord.

« Concernant les deux candidats encore logés dans une cité universitaire, je peux vous assurer qu’ils sont sans le sou. Et sans l’aide des étudiants et de notre assistance, ils deviendront des sans-abri », s’inquiète Peul Wade, souhaitant que les autorités sénégalaises leur viennent en aide.

Le migrant rencontré par l’APS a fait une réservation pour regagner Dakar jeudi prochain. L’homme promet déjà, à son retour au bercail, de faire savoir à son passeur de quel bois il se chauffe.

« Si nos compatriotes n’étaient pas là, nous aurions erré comme de pauvres hères dans les rues de cette grande cité, et avec les risques d’être envoyés en prison », dit-il.

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