« Souffles » , deuxième ouvrage du talentueux Makhtar Diop

Le siège de la maison d’édition l’Harmattan sis à Dakar a accueilli ce samedi la cérémonie de présentation et de dédicace du livre « Souffles » de l’écrivain Matar Diop. La salle Amady Aly Dieng a abrité la manifestation qui a été entamée à 11 heures sous la présence de la famille de l’auteur et de personnalités remarquables du monde de l’écriture et de l’édition au Sénégal notamment la célèbre écrivaine Mme Aminata Sow Fall, M. Abdoulaye Diallo directeur de Harmattan Sénégal, M. Babou Diabou Diop, conseiller technique à la primature, Mme Johayna Françoise Hameh Bassène, écrivaine et professeur à la Fastef et des membres du Cénacle des Jeunes Auteurs du Sénégal (CJAS). « Souffles », constitue le deuxième ouvrage publié par le jeune écrivain Matar Diop après « À côté du soleil » paru en 2014. Tous les coûts relatifs à la production de cet ouvrage ont été entièrement pris en charge par la Fondation Sonatel. Étudiant en droit à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Matar Diop est un épris d’écriture et de poésie qui a commencé à vivre sa passion à partir du collège.

Reconnaissance unanime pour le talent et l’exemplarité de l’auteur

C’est le directeur de l’Harmattan Sénégal, M. Diallo qui a fait office de maître de cérémonie et dans ses propos, après avoir remercié la Fondation Sonatel  a décrit les qualités humaines et relationnelles exceptionnelles de l’auteur. Pour avoir côtoyé Matar Diop pendant un certain temps, il a souligné le comportement irréprochable du bonhomme par ces quelques mots : « Matar est un garçon que j’aime bien et je le dis devant ses parents. Il a cette politesse qui force l’admiration. Tout ce qu’il fait, il le fait avec passation, abnégation et dans la politesse. Il a le savoir-vivre en communauté ». Après cette introduction, c’était au tour de l’humoriste « bonbon sucré » de faire rire l’assistance avec des histoires plus amusantes les unes que les autres. N’hésitant pas à taquiner la star de la journée, il a réussi à arracher un large sourire à  Mme Aminata Sow Fall.

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La parole fut ensuite donnée à M. Babou Diabou Diop, conseiller technique en éducation du Premier ministre, pour faire la présentation du recueil de poèmes « Souffles ». Ce dernier qui fut pendant longtemps un enseignant de philosophie a parcouru de fond en comble cet ouvrage avec toute la curiosité du philosophe. Étant chargé de faire la révision linguistique et typographique du livre, M. Diop s’est rendu compte que l’auteur est un adepte de la poésie symboliste qui a été pratiquée par des auteurs renommés tels que Charles Baudelaire, Paul Valéry, Arthur Rimbaud, etc. D’après lui, le recueil de poèmes de Matar Diop regorge d’éléments qui attestent d’une quête du beau qui charme et séduit le lecteur au travers de l’utilisation des rimes de toutes sortes « Matar en usant quelquefois de rimes embrassées, plates ou suivies révèle son attachement aux formes, aux images romantiques et au beau. Il marque ainsi sa relation avec l’école parnassienne ».

La plume sombre de l’auteur marquée en même temps par une beauté extraordinaire a été  aussi évoquée par M. Babou Diabou Diop qui pour étayer ses propos à citer en guises d’exemples les titres de la plupart des poèmes : je m’enterre, crime, terreur, ma nudité, le chaton noir, solitude, pâle blancheur, hymne à la laideur, etc. la souffrance qui semble habiter l’auteur a été aussi ressortie par le présentateur du jour en ces quelques phrases « Matar à travers ses poèmes me donne l’impression de quelqu’un qui pleure, mais qui le cache, de quelqu’un qui cherche une épaule où poser sa tête pour se consoler ». Il également dans sa présentation, souligné l’utilisation des images analogues par l’auteur pour faciliter aux non-initiés la compréhension du langage abstrait, voire hermétique, qui a été utilisé dans la rédaction des poèmes pour rendre compte de la « séparation ou de l’alliance entre l’existentiel et le spirituel ».

Dans la foulée de la présentation du livre, a été projeté un film intitulé Makhtar, l’architecte de la poésie qui est un recueil des témoignages de la famille, des amis et des connaissances. Des membres de la CJAS ont aussi eu à déclamer des poèmes tirés de « Souffles » à l’image de Pape Moussa Sy pour « terreur » et Ndèye Awa Diouf pour « Baobab ». La professeure et écrivaine Mme Johayna Françoise Hameh Bassène a tenu à son tour à dire quelques mots pour témoigner de son affection et admiration à l’endroit de la personne de l’auteur. Il a été aussi procédé à une remise de cadeaux par Matar Diop à Mme Aminata Sow Fall et à sa mère qui a fait le déplacement pour assister à la manifestation.

L’auteur a par la suite pris la parole dans un premier temps pour remercier la Fondation Sonatel, la maison d’édition l’Harmattan Sénégal et les membres du CJAS et pour expliquer l’origine du mot « Souffles » : « c’est dans mon sommeil que je l’ai entendu et dès mon réveil, j’ai posé la question, j’ai cherché et j’ai trouvé le mot âme qui veut dire littéralement souffle. Du latin anima, l’âme est ce qui anime les êtres humains, les animaux, la nature mais aussi les mots parce que chaque mot a une âme ». Il a poursuivi en abordant largement les trois grandes thématiques qui composent son œuvre à savoir le terrorisme, la mort et la recherche du beau.

S’exprimant en dernier lieu, la doyenne Mme Aminata Sow Fall qui est par ailleurs la tante de l’auteur, a dit toute sa satisfaction d’avoir pu assister à une telle cérémonie et a remercié la Fondation Sonatel et Harmattan Sénégal tout en les encourageant à soutenir davantage les jeunes, car « la littérature doit faire partie de notre vie parce que c’est elle qui nous élève vers l’imaginaire et qui nous permet de revivre, de recréer la vie de bonheur ». L’écrivaine de renom qu’elle est a magnifié le dépassement dont a fait preuve l’auteur pour aller au-delà  de ses lectures, cultures et amours littéraires afin de trouver le souffle pour écrire des poèmes qui parlent de réalités locales et universelles. La cérémonie s’est achevée avec un cocktail qui a été l’occasion pour Matar Diop de dédicacer les ouvrages qu’il l’espère vont procurer le souffle à leurs lecteurs.

Solange Diallo

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