Spoliation foncière au Sénégal : ENTRE SCANDALE, EXPROPRIATION FORCÉE ET ENRICHISSEMENT ILLICITE…

L’épineux problème du foncier est le talon d’Achille de la gestion chaotique d’une kyrielle d’élus locaux à l’échelle nationale.

Au Senegal, la spoliation foncière a atteint sa vitesse de croisière, avec l’avènement de la première alternance en 2000.Très au fait des retombées financières consécutives à la gestion nébuleuse des réserves foncières, les autorités n’ont pas hesité à faire main basse sur le patrimoine de leurs localités, en faisant fi des désidératas des populations.

Avec l’avènement de la seconde alternance, le cancer de la spéculation foncière a fonctionné comme un rouleau compresseur, en privant aux honnêtes citoyens leurs milieux naturels.

Sous ce registre, les politiques publiques exécutées, unilatéralement, ont porté l’estocade aux activités garantissant une partie de la survie des populations sur ce qui leur revenait de droit, depuis des lustres.

La fièvre de la spéculation foncière est le reflet d’un acharnement des élus sur le bien publique, avec une désinvolture qui frise l’indecence.

DEPARTEMENT DE RUFISQUE : BAMBILOR, SANGALKAM ET AILLEURS DANS LES 4C, LE FONCIER, UNE VÉRITABLE CAVERNE D’ALI BABA

Sous sa rutilante Pajero, ce Conseiller municipal illettré soutient mordicus ( avec un raisonnement moins brillant que celui d’un simple d’esprit) que « tout le monde est impliqué dans la spéculation foncière, y compris les plus hautes autorités de l’Etat. » Fort dans l’étalage de ses bétises, il est même allé plus loin, en osant affirmer que  » les terres du village de Kounoune ont enrichi une bonne partie des élus locaux de l’ex Communauté Rurale de Sangalkam ».

A y regarder de près, le bradage du patrimoine foncier est l’acte de gestion déplorable la mieux partagé entre les 4c.
Les municipalités festives excellent dans ce Sport favori. Le cercle restreint des élus ( avec une boulimie financière sans pareille) ignore les priorités liées à la gestion de proximité. La manne financiere issue des terrassements et lotissements ( dont la plupart sont non administratifs), a anesthesié, chez les maires et leurs acolytes, toute initiative de nature à répondre aux attentes des populations, en termes d’épanouissement, sur le plan social, économique…

Comme dans une caverne d’Ali Baba, les brigands du foncier, terrassent, pillent et tesorisent, impunement.

L’acharnement sur les réserves foncières a complètement transfiguré les ex Niayes de la zone de Sangalkam. La ruée vers les terrassements est cautionnée par des élus qui se servent de jeunes promoteurs, comme hommes de mains, histoire d’encaisser l’argent liquide des ventes issues des protocoles nébuleux entre mairies promoteurs ou agents immobiliers.

Au vu du rythme exponentiel de la sauvage spéculation foncière dans les ex Niayes, on peut, valablement, théorisé la fin de la frontière, c’est-à-dire de l’assiette foncière, entre Sangalkam, Bambilor et ailleurs dans les 4c.

LES POPULATIONS DES 4C FACE AU CANCER DE LA SPÉCULATION FONCIÈRE

A Bambilor, la spéculation foncière a accéléré le délitement du lien social, tout en confinant les résidants dans la pauvreté la plus abjecte.

Les pression exercées sur les familles détentrices de lopins de terres (au nom d’une soi-disante extension) finissent par les obliger à céder. Au finish, elles tournent le dos au maraîchage, en terrassant leur patrimoine. Dans le long terme, ne disposant plus d’un outil de survie économique, elles tombent dans la pauvreté et l’oisiveté, pendant que maires, conseillers municipaux et promoteurs se partagent le butin.
Comble d’ironie, aujourd’hui, ces populations appauvries par cette politique du foncier, font des courbettes chez les autorités ( spoliateurs de leurs terres).

LE FONCIER ENTRE BAMBILOR, SANGALCAM ET AILLEURS DANS LES 4C : TRÉSOR DE GUERRE ET LEVIER DE CORRUPTION

Les mairies, sont de véritables bazars où se cotoient autorités politiques d’autres horizons,VIP de tout acabit et troubadours.

Le centre de gravité s’est déplacé, de Dakar aux 4c.Tous les moyens sont bons pour se délecter de la soupe. « ILA BAMBILOR  » ne cesse de ressasser le troubadour VIP de la RFM. C’est la nouvelle mode dans la zone.Traiter les opportunistes, avec tous les honneurs, pour asseoir une notoriété et fourguer la pacotille aux populations étouffées par la sauvage spéculation foncière.

Le butin de la caverne d’Ali Baba est un puissant levier pour corrompre et apprivoiser des personnalités, afin de bénéficier de leur couverture, en cas de pépin.

Cet arsenal de guerre tiré du bien des populations, leur est ensuite miroité et distribué, au compte- goutte, pour acheter leurs conscience en périodes électorales.

Le president Macky Sall qui en est conscient a lancé aux maires un signal de détresse à Diamniadio sur leur responsabilité, concernant la spéculation foncière et le foisonnement des litiges fonciers. Va t-il prendre des mesures fortes ? Mystère et boule de gomme.

DES POLITIQUES PUBLIQUES UNILATÉRALEMENT EXECUTÉES : LES FERMENTS D’UNE POUDRIÈRE

La très forte mobilisation notée, lors de la marche des victimes de la spéculation foncière devrait donner des sueurs froides aux autorités. La démarche non inclusive dans l’exécution de certains ouvrages d’utulité publique se révèle nefaste sur la vie des pauvres populations.

Des villages sont souvent effacés de la carte, des familles disloquées et tout est à recommencer, dans la douleur et la precarité. L’Etat mesure t-il souvent l’ampleur des mesures souvent prise à la hâte ?

La construction de l’aéroport AIBD est un exemple, à plus d’un titre. Elle a sonné le glas de modes de vie et de pratiques sociales séculaires. Lasses d’étaler leurs rancoeurs, les populations du milieu ont fini par être déplacées, malgré elles, laissant derrière ce qui constituait leur véritable identité.
Les exemples font légion.

Sous Abdoulaye Wade, des pontes de la République avaient fait main basse sur tout le patrimoine foncier de la Commune de Ndombo, suscitant une véritable levée de bouclier des populations.

Recemment il y’a eu des rixes entre SENEGINDIA et le village de Diockoul Diawrigne qui a fait dans la résistance, afin que ses terres ne soient pas spoliées pour les besoins de la culutre de pomme de terre.

Au Fouta, n’eut été une farouche résistance des populations, des milliers d’hectares allaient être attribués à une societé marocaine.

Tout près, dans la Commune de BAMBILOR, le Pôle tentaculaire de Diamniadio a empieté sur une bonne partie des terres de KEUR NDIAYE LO.

Les familles concernées se sont battues, jusqu’à leur dernier souffle, contre le projet Diamniadio Lake City. Elles ont fini par avaler la pillule amére.

En definitive, il y’a urgence pour l’Etat de redresser tous ces torts, afin que les populations ne soient plus spoliées de leurs terres, impunement.

Certes, l’Etat détient le monopole legal de la violence mais, avec la spéculation foncière irréflechie tous les ferments d’une poudrière sont reunis.

          Albert Dionou
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