Syrie: l’aveu d’impuissance de John Kerry

john-kerry-us-secretary-of-stateCeux qui suivent le conflit syrien le savent depuis plusieurs mois, mais cette fois c’est le secrétaire d’Etat américain lui-même qui le reconnaît : l’impuissance des Etats-Unis dans la région tient au fait que Washington est profondément divisé sur le recours à la force. John Kerry, lors d’une réunion avec des membres de la société civile syrienne, avait exprimé sa frustration que ses initiatives diplomatiques pour mettre un terme au conflit syrien n’aient pas été soutenues par une action militaire des Etats-Unis. L’enregistrement de ces conversations a été publié par le journal New York Times.

C’est un véritable aveu d’impuissance : John Kerry s’entretenait la semaine dernière avec des membres d’une organisation de civils syriens. Au cours de l’entretien, le secrétaire d’Etat américain se plaignait que son appel à agir militairement contre le régime de Bachar el-Assad n’ait pas été entendu aux Etats-Unis.

En 2013, Barak Obama avait fait de l’utilisation d’armes chimiques contre la population syrienne une ligne rouge à ne pas franchir, faute de quoi les Etats-Unis utiliseraient la force contre le régime syrien. Le président américain avait finalement renoncé. Plus récemment le secrétaire d’Etat américain avait conclu un accord pour un échange d’informations, entre Moscou et Washington, pour bombarder certains groupes jihadistes syriens.

Mains liées

L’accord a volé en éclat en raison de l’hostilité du secrétaire d’Etat américain à la Défense. John Kerry reconnaît donc que l’exécutif américain sur la question a les mains liées. Il en attribue la faute, surtout au Congrès américain. En attendant, la Russie de Vladimir Poutine – au contraire – a les coudées plus franches et ne se prive pas d’avoir recours à la force en aidant le régime de Damas a reconquérir la ville d’Alep.

Ce samedi 1er octobre 2016, le plus grand hôpital des quartiers rebelles d’Alep, déjà bombardé mercredi, a été la cible d’au moins deux barils d’explosifs, a rapporté la Syrian American Medical Society (SAMS). Après ces bombardements, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a dénoncé des « crimes de guerre ».

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