L’Onu « profondément préoccupée » par l’évolution de la situation des droits de l’Homme au Sénégal

– Les Nations unies voient « un sombre précédent » dans le recours aux armes par les policiers contre des manifestants.

AA / Tunis / Majdi Ismail

L’Onu s’est dite « profondément préoccupée » par l’évolution de la situation des droits de l’Homme au Sénégal, ont rapporté mardi, des médias étrangers.

Par voie de communiqué repris par le site d’informations « Seneweb », le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme (HCDH) a indiqué qu’il voit « un sombre précédent » dans le recours aux armes par les policiers contre des manifestants.

Le Sénégal a été le théâtre de troubles après la condamnation par le Tribunal de grande instance de Dakar, de l’opposant Ousmane Sonko, leader des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef) à deux ans de prison ferme pour « corruption de la jeunesse ».

L’annonce de la condamnation a déclenché des manifestations violentes qui ont fait officiellement 16 morts, tandis que le HCDH fait état d’au moins 16 personnes tuées, 350 blessées et plus de 500 arrêtées lors de trois jours de manifestations, soit entre le 1er et le 3 juin, indique « Seneweb ».

« L’utilisation d’armes à feu par les forces de sécurité lors de manifestations constitue un sombre précédent pour le Sénégal », souligne le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme (HCDH) dans son communiqué.

Et le HCDH d’ajouter : « Nous notons que les autorités ont ouvert des enquêtes et nous leur demandons de veiller à ce que celles-ci soient rapides, indépendantes et approfondies, et qu’elles amènent toute personne trouvée responsable d’un usage de la force injustifié ou disproportionné, à rendre compte de leurs actes, quels que soient leur statut et leur affiliation politique ».

« Nous sommes également préoccupés par la poursuite des restrictions à la liberté d’expression et de réunion pacifique à la suite des manifestations », poursuit le communiqué du HCDH, qui évoque le cas de la chaîne « Walfadjri TV ».

La chaîne privée sénégalaise, avait couvert les protestations en direct et a été suspendue le 1er juin « sans justification légale claire et n’a toujours pas été rétablie à ce jour », estime le HCDH.

Les restrictions d’internet imposées par le gouvernement pour mettre un terme à la propagation « des messages haineux et subversifs, doivent être fondées sur une loi sans ambiguïté et accessible au public », insiste encore l’Onu.

Le verdict du Tribunal de grande instance de Dakar peut empêcher Sonko de se présenter à l’élection présidentielle de l’année prochaine, conformément à la loi électorale du Sénégal, alors que le président Macky Sall, élu en 2012 et réélu en 2019, maintient jusque-là le flou sur un 3ème mandat à la tête du pays.

L’Onu « profondément préoccupée » par l’évolution de la situation des droits de l’Homme au Sénégal (aa.com.tr)